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Coopération Sénégal–Mali : un partenariat commercial résilient et stratégique

ByÉquipe LeJourPile

Juil 23, 2025

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 Malgré un environnement politique tendu marqué par la sortie officielle du Mali de la Cédéao début 2025, les échanges économiques avec le Sénégal se sont non seulement maintenus, mais renforcés en 2024. Le Mali a capté plus de 802 milliards FCFA d’exportations sénégalaises, soit 21 % du total et plus de 55 % de celles destinées à l’Afrique.

Une interdépendance économique forte

Cette dynamique confirme l’interdépendance structurelle entre les deux économies, où le Sénégal, doté d’un accès à la mer, joue un rôle de plateforme logistique et commerciale essentielle pour le Mali, pays enclavé. Les secteurs clés du commerce bilatéral – énergie, matériaux de construction, produits agroalimentaires – traduisent des complémentarités concrètes dans les besoins et les productions.

L’UEMOA comme amortisseur d’instabilité

La décision du Mali de rester dans l’UEMOA apparaît stratégique : elle a permis de préserver le cadre monétaire et tarifaire commun, en assurant la continuité des échanges, malgré la rupture avec la Cédéao. Cela montre le poids des mécanismes d’intégration économique sous-régionaux dans la résilience des flux commerciaux.

Un levier pour les exportations sénégalaises

Le cas malien illustre également la dépendance des exportations sénégalaises à un petit nombre de partenaires régionaux. La surconcentration vers le Mali, bien que rentable, expose le Sénégal à des risques si la situation politique ou sécuritaire de ce pays venait à se dégrader davantage. Cela souligne la nécessité pour Dakar de diversifier ses débouchés africains, tout en consolidant ses positions actuelles.

Le ciment et les produits pétroliers en tête

Le ciment sénégalais représente un indicateur clé : près de 80 % des exportations régionales de ce produit sont absorbées par le Mali, ce qui en fait un moteur de l’industrie locale. De même, les produits pétroliers finis et carburants montrent la capacité du Sénégal à capter de la valeur sur la chaîne énergétique sous-régionale, dans un contexte de besoins croissants et de volatilité des prix mondiaux.

L’exemple du commerce sénégalo-malien montre que les logiques économiques peuvent résister aux turbulences géopolitiques, surtout lorsque des infrastructures, des intérêts mutuels et des cadres d’intégration (comme l’UEMOA) existent. Pour le Sénégal, ce partenariat est à la fois une opportunité et une vulnérabilité, appelant à une stratégie d’approfondissement régional et de diversification à long terme.

Loba Perez

Équipe LeJourPile