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À quelques jours de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, le climat sociopolitique en Côte d’Ivoire demeure tendu. Trente-deux membres du Front commun de l’opposition ont été condamnés, le mardi 21 octobre, par le tribunal de première instance d’Abidjan, à trois ans de prison ferme pour leur participation à une marche interdite contre le quatrième mandat du président Alassane Ouattara.
Les manifestants, arrêtés le 11 octobre à Cocody, étaient poursuivis pour troubles à l’ordre public, attroupement non autorisé et participation à une manifestation interdite. Selon le tribunal, ils avaient participé à un attroupement interdit, malgré leurs arguments sur le caractère pacifique de la marche.
Huit prévenus ont bénéficié de clémence, mais les 32 autres ont été condamnés à 36 mois de prison ferme, assortis de cinq ans de privation de droits civiques et de trois ans d’interdiction de séjour dans le district d’Abidjan. Ils disposent de vingt jours pour faire appel.
Les incidents de Cocody s’inscrivent dans un contexte marqué par la contestation de plusieurs candidatures de l’opposition, dont celles de Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Pascal Affi N’Guessan, rejetées par le Conseil constitutionnel. L’opposition dénonce une élection “verrouillée” et un climat de peur, tandis que le pouvoir insiste sur la nécessité de maintenir l’ordre public.
Depuis le début des manifestations, plusieurs villes de l’intérieur du pays ont été touchées par des heurts similaires. Agboville, Daloa, Yamoussoukro, Oumé et Gagnoa ont connu des blocages de routes et des affrontements avec les forces de sécurité. Les affrontements de lundi 20 octobre ont fait au moins deux morts, un gendarme à Agboville et un civil à Daloa, selon les autorités.
Cette nouvelle condamnation intervient dans un climat de fortes tensions politiques, à quelques jours de la fin officielle de la campagne électorale, prévue jeudi 23 octobre. Les cinq candidats validés, Alassane Ouattara, Simone Gbagbo, Jean-Louis Billon, Henriette Lagou et Ahoua Don Mello, poursuivent leurs campagnes dans un pays où les débats sur les libertés publiques et le droit de manifester continuent de diviser.
Alors que le scrutin approche, la société civile et les observateurs appellent à la retenue et au respect des droits fondamentaux, craignant que la répression et les tensions locales n’affectent la tenue d’une élection paisible et transparente.
Ljp
