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Côte d’Ivoire: à Mama, Laurent Gbagbo dénonce la pauvreté des producteurs de café-cacao et appelle à une réforme durable

ByÉquipe LeJourPile

Fév 27, 2026

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Lors d’une rencontre à sa résidence de Mama, le président du PPA-CI, Laurent Gbagbo, a exprimé sa préoccupation face à la situation des planteurs de cacao en Côte d’Ivoire. Tout en saluant le soutien des populations de la Nawa, il a dénoncé le paradoxe d’un pays leader mondial du cacao où les producteurs demeurent dans la précarité. Il a appelé à une constance politique et à des réformes garantissant une rémunération plus juste.

La scène s’est déroulée dans une atmosphère empreinte de reconnaissance et de mobilisation. À Mama, village natal du président du PPA-CI, une délégation des populations de la Nawa est venue lui exprimer sa fidélité et son attachement. Ce geste, loin d’être symbolique, traduit la persistance des liens entre l’ancien chef de l’État et certaines communautés rurales qui continuent de voir en lui une figure politique de référence.

Les porte-parole de la délégation ont salué la proximité de Laurent Gbagbo avec les populations et son engagement en faveur des planteurs. Dans un pays où l’agriculture demeure un pilier de l’économie, ces messages revêtent une importance particulière. La filière cacao, en particulier, constitue l’un des secteurs stratégiques de l’économie ivoirienne. Pourtant, malgré le statut de premier producteur mondial, les producteurs continuent de faire face à des conditions de vie difficiles.

C’est précisément ce paradoxe que le président du PPA-CI a tenu à dénoncer. Selon lui, il est inacceptable qu’un pays qui domine le marché du cacao voie ses producteurs vivre dans la précarité. « Nous sommes les premiers producteurs de cacao au monde, mais les producteurs sont pauvres », a-t-il regretté. Cette déclaration, loin d’être une simple critique, s’inscrit dans un débat plus large sur la répartition des revenus au sein de la filière.

Le cacao ivoirien, bien que très prisé sur les marchés internationaux, ne profite pas toujours directement aux producteurs. Ceux-ci se plaignent de prix insuffisants et de conditions de paiement parfois opaques. Le président Gbagbo a notamment évoqué le cas de planteurs qui reçoivent de simples bouts de papier en guise de paiement après la vente de leur production. Une pratique qu’il a qualifiée d’anormale et qui, selon lui, nécessite une réforme profonde du système de commercialisation.

« Le planteur travaille dur pendant toute l’année et, au moment de vendre son cacao, il reçoit des papiers à la place de l’argent. Ce n’est pas normal », a-t-il affirmé. Cette critique met en lumière un enjeu majeur : la nécessité de garantir une rémunération juste et immédiate aux producteurs. Pour de nombreux observateurs, la question de la traçabilité des paiements et de la transparence des transactions constitue un défi central pour la durabilité de la filière.

Au-delà de la dimension économique, la rencontre a également pris une tournure politique. Laurent Gbagbo a insisté sur l’importance de la constance en politique. Selon lui, les peuples reconnaissent ceux qui restent fidèles à leurs engagements. Cette affirmation s’inscrit dans une vision où la crédibilité politique repose sur la cohérence et la persévérance.

Les populations de la Nawa, quant à elles, ont réaffirmé leur soutien au président du PPA-CI. Elles ont également plaidé pour une amélioration des conditions de vie des planteurs. Ce double message – soutien politique et appel à des réformes – illustre les attentes des communautés rurales, souvent confrontées à des difficultés économiques.

La filière cacao reste un enjeu majeur pour Côte d’Ivoire. Elle représente une source importante de devises et d’emplois, mais aussi un défi en termes de développement durable. Les débats autour de la rémunération des producteurs et de la gouvernance du secteur témoignent de la nécessité de concilier performance économique et justice sociale.

Pour certains analystes, la solution passe par une meilleure organisation de la filière et une plus grande transparence dans la chaîne de valeur. D’autres plaident pour un renforcement des capacités des producteurs afin de leur permettre de bénéficier davantage de la valeur ajoutée du cacao. Dans tous les cas, la question de la pauvreté des planteurs demeure centrale.

La visite de la délégation de la Nawa à Mama rappelle que les enjeux agricoles ne sont pas seulement économiques. Ils touchent aussi à la cohésion sociale et à la stabilité politique. Les populations rurales, qui constituent une part importante de la population ivoirienne, attendent des réponses concrètes à leurs préoccupations.

Pour Laurent Gbagbo, la constance politique et la défense des intérêts des producteurs restent des priorités. Son appel à des réformes dans la filière cacao s’inscrit dans une vision où le développement doit bénéficier à tous, et pas seulement aux acteurs les plus puissants du marché.

Alors que le débat sur la filière cacao se poursuit, la question demeure : comment garantir une rémunération plus juste aux producteurs tout en maintenant la compétitivité du secteur ? La réponse à cette interrogation déterminera en grande partie l’avenir de l’agriculture ivoirienne et le bien-être des millions de personnes qui en dépendent.

En attendant, les populations de la Nawa ont quitté Mama avec un message clair : leur soutien demeure, mais leurs attentes sont grandes. Un défi que le monde politique et les acteurs de la filière devront relever pour construire un avenir plus équitable et durable.

Ljp

Équipe LeJourPile