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Le 26 mai 2025, Jean-Louis Billon, député de Dabakala, cadre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et candidat déclaré à l’élection présidentielle d’octobre 2025, s’est exprimé publiquement sur la question de la révision de la liste électorale. Lors d’une conférence de presse, il a livré une analyse lucide des enjeux, des contraintes et des responsabilités politiques liés à cette problématique cruciale pour la transparence électorale.
À l’approche du scrutin présidentiel, une partie de l’opposition ivoirienne réclame une nouvelle opération de révision du fichier électoral, invoquant la nécessité d’inclure des citoyens exclus lors des précédentes phases d’enrôlement. Jean-Louis Billon, bien qu’attaché aux principes démocratiques, s’est montré réservé quant à la faisabilité d’une telle initiative dans le contexte temporel actuel. Selon lui, « l’État ne procédera pas à une nouvelle révision de la liste électorale à quelques mois de l’échéance électorale », une posture qu’il qualifie de réaliste au regard du calendrier électoral et des pratiques institutionnelles observées par le passé.
Fait notable, le député ne limite pas sa critique à l’inaction des autorités. Il engage également la responsabilité des acteurs politiques eux-mêmes. Il déplore le manque d’implication des élus et responsables partisans lors des dernières opérations de révision, notamment celle menée en 2024. « Nous-mêmes, en tant qu’élus, n’avons pas suffisamment mobilisé nos bases », reconnaît-il, soulignant ainsi une forme de défaillance collective dans la mise en œuvre des mécanismes d’inscription citoyenne.
Plus encore, Billon met en garde contre une instrumentalisation politique de la revendication actuelle. Selon lui, la volonté de procéder à une nouvelle révision vise davantage à cibler des groupes d’électeurs stratégiques qu’à garantir une inclusion démocratique généralisée, notamment des nouveaux majeurs et des citoyens historiquement marginalisés.
Malgré ses critiques, le candidat prône une participation active au processus électoral. Il rejette la logique du boycott, souvent pratiquée par l’opposition ivoirienne lors de précédentes échéances. « Il faut aller aux élections pour espérer changer démocratiquement le pouvoir », affirme-t-il, réaffirmant ainsi son attachement à la régularité institutionnelle et au jeu démocratique.
Jean-Louis Billon évoque la possibilité d’un compromis politique. Il n’exclut pas l’hypothèse de discussions entre les acteurs politiques susceptibles d’aboutir à des ajustements consensuels du fichier électoral. Toutefois, il insiste sur le caractère équitable que doivent revêtir ces ajustements .
« On ne peut pas en faire pour les uns sans en faire pour les autres .», a-t-il soutenu, en appelant à une régularisation inclusive de l’ensemble des électeurs.
L’intervention de Jean-Louis Billon illustre une approche pragmatique et critique face aux dynamiques électorales en Côte d’Ivoire. Elle met en lumière les limites structurelles du système électoral, les responsabilités partagées entre pouvoir et opposition. Ainsi que la nécessité de renforcer les mécanismes de participation citoyenne pour consolider la démocratie ivoirienne.
Loba Perez
