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Côte d’Ivoire: Bonaventure Kalou dresse un bilan critique l’arbitrage ivoirien face aux défis de la performance

ByÉquipe LeJourPile

Mai 21, 2025

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À l’occasion d’une conférence de presse organisée le mardi 20 mai 2025 au siège de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), le président de la Commission centrale des arbitres (CCA), M. Bonaventure Kalou, a présenté une évaluation lucide de l’arbitrage national pour la saison 2024-2025. S’il affiche une volonté ferme de professionnalisation, le constat demeure nuancé, révélant des dysfonctionnements structurels et des marges d’amélioration significatives.

M. Kalou a exprimé son ambition de hisser l’arbitrage ivoirien à un niveau d’« excellence », conforme aux exigences nationales et internationales. Toutefois, il a reconnu l’existence d’erreurs récurrentes qui entachent la crédibilité des compétitions. Il a tenu à distinguer les fautes humaines inévitables des comportements délibérés : « Un arbitre peut se tromper, mais il y a une différence entre une erreur ponctuelle et une volonté manifeste d’influencer un match. »

Cette reconnaissance des limites actuelles s’accompagne d’un appel à la responsabilité collective. Le président de la CCA a souligné les efforts en cours pour améliorer la formation et l’encadrement des arbitres, tout en appelant à une vigilance critique face à certaines solutions technologiques souvent idéalisées, notamment la VAR. Selon lui, cette dernière, bien qu’envisagée pour la saison prochaine, ne saurait résoudre à elle seule les défis liés à l’équité et à la précision des décisions arbitrales : « Même les ligues les plus avancées peinent à éviter les polémiques malgré la VAR », a-t-il observé.

Dans un souci de professionnalisation, la FIF a mis en œuvre plusieurs mesures concrètes : les 46 arbitres professionnels en activité (moins un radié) ont été dotés d’un équipement complet et bénéficient désormais d’un salaire mensuel de 200 000 francs CFA. Ces dispositions visent à renforcer leur autonomie et leur engagement éthique.

Enfin, M. Kalou a plaidé en faveur d’une attitude mesurée de la part des médias et de l’opinion publique, appelant à reconnaître la part d’imperfection inhérente à tout processus impliquant une intervention humaine : « Il faut accepter une marge d’erreur là où il y a de l’humain. »

Ainsi, le bilan présenté s’inscrit dans une perspective d’amélioration continue, où la transparence, la responsabilisation et la prudence technologique constituent les axes directeurs d’une réforme ambitieuse mais réaliste de l’arbitrage en Côte d’Ivoire.

Loba Perez

Équipe LeJourPile