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Côte d’Ivoire : Damana Adia Pickas placé sous mandat de dépôt pour “actes terroristes” et “atteinte à la sûreté de l’État”

ByÉquipe LeJourPile

Nov 7, 2025

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Le deuxième vice-président du Conseil stratégique et politique (CSP) du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), Damana Adia dit Pickas, a été placé sous mandat de dépôt le jeudi 6 novembre 2025 à Abidjan. Notamment, deux jours après son interpellation par la police nationale. Il est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation graves, dont des actes terroristes, des appels à l’insurrection et une tentative de renversement des institutions de la République.

Une procédure ouverte par la Section antiterroriste du tribunal d’Abidjan

Selon une note officielle du procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan, Omar Koné Brahima, Damana Pickas a été conduit à la Section antiterroriste du tribunal après son audition par les agents de la Direction de la surveillance du territoire (DST), en présence de son avocate, Me Roselyne Aka-Seripka.

Le magistrat a précisé qu’une information judiciaire a été ouverte pour les chefs suivants :

  • Actes terroristes ; assassinat ; atteinte aux opérations électorales ;

  • Outrage et voies de fait envers un bureau de vote et ses membres ;

  • Organisation et participation à une manifestation interdite ou non déclarée.

De multiples infractions liées à des violences postélectorales

Le dossier du parquet mentionne également la participation présumée de Damana Pickas à un mouvement insurrectionnel et à des attroupements armés et non armés, ayant conduit à des destructions de biens publics et privés, notamment de véhicules et d’infrastructures administratives.

Il lui est aussi reproché des incendies volontaires, l’apologie de crimes graves — tels que le meurtre, le pillage ou la destruction d’édifices —, ainsi que des faits de vol en réunion avec port d’armes, de complot contre l’autorité de l’État et de détention illégale d’armes de la 1re et 6e catégories.

Des faits liés aux tensions politiques d’octobre 2025

L’interpellation de Damana Adia Pickas est intervenue le 4 novembre 2025 à Bingerville, à l’Est d’Abidjan, soit quelques jours après les manifestations interdites du 11 octobre, organisées par des partisans de l’opposition contre le quatrième mandat du président Alassane Ouattara.

Le procureur Omar Koné Brahima affirme que le cadre du PPA-CI aurait, « avant et après la marche interdite, ainsi qu’à l’occasion de l’élection présidentielle du 25 octobre », tenu des propos appelant « à l’insurrection populaire et au renversement des institutions de la République ».

Ces messages, selon le parquet, auraient conduit à la formation d’attroupements armés et non armés dans plusieurs localités du pays, provoquant « de graves violences, assassinats, destructions de biens publics et privés, attaques armées, extorsions et entraves au vote ».

Un dossier hautement politique

Membre influent du parti fondé par Laurent Gbagbo, Damana Pickas est une figure controversée de la scène politique ivoirienne. Ancien président de la Commission électorale locale en 2010, il s’était illustré par son opposition au processus électoral ayant conduit à la crise postélectorale de 2010-2011.

Son arrestation et sa mise en détention interviennent dans un contexte marqué par la tension entre le pouvoir et le PPA-CI, qui vient d’annoncer son boycott des élections législatives du 27 décembre 2025, dénonçant un « climat de répression et de harcèlement judiciaire ».

Ljp