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C’est un choix difficile, mais nécessaire. Un choix douloureux, mais juste, dirait-on. En annonçant la révocation de Kouakou Dapa Donacien et Ahilé Fernand, la direction du PPA-CI a envoyé un message clair : on ne joue pas avec la confiance de Laurent Gbagbo. On ne trahit pas, même à demi-mot, la parole sacrée d’un combat forgé dans l’exil, la prison, et le sang.
Depuis des semaines, des rumeurs malsaines bruissaient. Des murmures de couloir, des fuites savamment orchestrées, des lettres « confidentielles » qui finissent, comme par magie, sur les réseaux sociaux. Et au centre de cette tempête : Ahoua Don Mello, ancien ministre, aujourd’hui vice-président du parti. Un homme qui, dans un moment d’égarement, a pensé qu’il était temps d’ouvrir la page suivante… alors que la précédente n’est même pas refermée.
Car dans la maison Gbagbo, on ne prépare pas l’après sans avoir livré le dernier combat. Et ce combat, c’est celui de sa candidature, malgré tout. Malgré la radiation. Malgré les obstacles. Malgré ceux qui, parfois au sein même du parti, semblent pressés de le voir tourner la page.
La réaction a été rapide, ferme, digne. Me Habiba Touré, voix fidèle du président Laurent Gbagbo, a tranché : les cadres qui ont publiquement soutenu Don Mello n’avaient plus leur place dans l’organigramme du parti. Une décision qui ne relève pas du rejet, mais de la discipline. Pas de la vengeance, mais du respect.
Car l’heure est grave. À trois mois d’une élection décisive, il ne peut y avoir deux lignes, deux stratégies, deux voix. Il ne peut y avoir qu’un seul cap : celui de la candidature de Gbagbo. Non par culte de la personnalité, mais parce qu’il incarne encore, pour des millions d’Ivoiriens, une promesse de justice, de souveraineté, de dignité.
Le communiqué du parti l’a rappelé : « Aucun plan B n’est à l’ordre du jour. » Et il fallait le dire haut et fort, pour ceux qui, par calcul ou par impatience, voudraient déjà redistribuer les cartes.
C’est vrai : Don Mello a été un compagnon de route. C’est vrai : il a conseillé, il a œuvré. Mais aujourd’hui, sa démarche prête à confusion. Elle fragilise l’unité. Elle envoie un signal d’hésitation, au moment où le peuple a besoin de clarté.
La décision du PPA-CI n’est pas une sanction froide. C’est une affirmation d’amour. L’amour exigeant, celui qui réclame fidélité dans l’épreuve. Celui qui dit : « Nous ne t’abandonnerons pas, Président. Pas maintenant. Pas tant qu’il reste un souffle de combat. »
À l’heure où tant de partis sacrifient leur histoire sur l’autel des calculs politiques, le PPA-CI choisit la loyauté. Une loyauté rude, peut-être. Mais une loyauté debout.
Loba Perez
