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Côte d’Ivoire : la CEDEAO sonde le climat de la Présidentielle 2025 à la CEI

ByÉquipe LeJourPile

Juil 1, 2025

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Une mission de haut niveau de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), conduite par le professeur Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle du Bénin, est actuellement à pied d’œuvre à Abidjan. Objectif : jauger la température du processus électoral ivoirien à un peu moins de trois mois de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre prochain.

Arrivée le 29 juin, la délégation séjournera dans la capitale économique ivoirienne jusqu’au 5 juillet. Elle entend multiplier les rencontres avec les différents acteurs du processus électoral : autorités, Commission électorale indépendante (CEI), partis politiques, société civile.

Le temps presse. Et l’urgence de garantir un scrutin transparent, apaisé et inclusif se fait sentir dans un climat politique toujours marqué par des tensions persistantes. L’opposition continue de réclamer un dialogue politique franc avec le gouvernement, dénonçant un cadre électoral qu’elle juge déséquilibré.

C’est dans ce contexte que la mission de la CEDEAO a rencontré, le mardi 1er juillet, le président de la CEI, Coulibaly Kuibiert, et ses collaborateurs au siège de l’institution à Cocody.

« Il s’agit pour nous de collecter des informations, d’apprécier l’état de préparation du processus électoral, et d’identifier les formes d’assistance que la CEDEAO pourrait offrir pour garantir des élections libres, transparentes et pacifiques », a expliqué le professeur Théodore Holo à l’issue de la rencontre.

Un devoir de vigilance régionale

Cette mission, comme l’a rappelé le chef de délégation, s’inscrit dans le cadre du Protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance. Un cadre normatif qui appelle les États membres à prévenir les conflits électoraux par la transparence, le dialogue et le respect des institutions.

Parmi les sujets évoqués avec la CEI : le respect du chronogramme électoral, les mécanismes de concertation avec les partis politiques, les moyens techniques et financiers à disposition de l’institution, ainsi que les voies de recours pour les éventuels contentieux.

« Il est essentiel que tous les acteurs connaissent les règles du jeu. Il faut aussi que les citoyens sachent vers quelles juridictions se tourner pour contester les résultats, afin d’éviter les violences post-électorales », a insisté Théodore Holo.

Recommandations pour un scrutin crédible

Parmi les premières recommandations formulées par la mission : la signature d’un Code de bonne conduite par tous les candidats à la présidentielle. Ce document, symbolique mais stratégique, viserait à engager publiquement les prétendants au fauteuil présidentiel à mener campagne dans un esprit de respect mutuel et de responsabilité.

Autre point crucial : la nécessité pour l’État de mettre à disposition, en temps opportun, les moyens logistiques et financiers nécessaires à la bonne organisation du scrutin.

La mission appelle également à renforcer la pédagogie électorale auprès des citoyens.  Notamment les primo-votants, pour favoriser une participation éclairée et réduire les risques de manipulation ou de violences.

Une équipe d’experts à l’écoute du terrain

La délégation conduite par le professeur Holo est composée d’une dizaine de personnalités, dont l’ambassadeur Abdel-Fatau Musah, Commissaire aux Affaires politiques, paix et sécurité de la CEDEAO, et Mme Adjovi Yekpe, ambassadrice du Bénin auprès de l’organisation régionale. On y retrouve également des experts électoraux de la sous-région et une équipe technique dirigée par Mme Fanta Cissé, représentante résidente de la CEDEAO en Côte d’Ivoire.

D’autres rencontres sont prévues dans les jours à venir avec les candidats déclarés. Puis, avec les plateformes de la société civile, les institutions de régulation des médias et les forces de sécurité.

Une présidentielle sous surveillance

Alors que les échéances se rapprochent, la mission d’information de la CEDEAO s’impose comme un signal fort. Celui d’une vigilance collective et d’un accompagnement régional pour une élection sans heurts.

Les semaines à venir seront décisives pour la CEI, qui devra rassurer sur son impartialité.  Aussi pour les acteurs politiques, appelés à faire preuve de retenue et de responsabilité.

La présidentielle ivoirienne de 2025 représente bien plus qu’un simple scrutin : un test de maturité démocratique. Notamment dans une sous-région marquée ces dernières années par des coups d’État. Ainsi que des troubles préélectoraux et une défiance grandissante vis-à-vis des institutions.

Loba Perez