👁 7,910 vues
Plaques dissimulées, immatriculations illégales, véhicules administratifs en infraction, c’est la fin du désordre. Ce mardi 15 juillet 2025, le ministère des Transports a lancé une vaste opération de retrait des plaques « fantaisistes » à Abidjan. Depuis le Plateau, cœur administratif de la capitale économique, policiers et volontaires sillonnent les artères pour restaurer l’ordre sur les routes et mettre fin à une pratique devenue trop courante.
Sur les pavés du Plateau en cette mi-juillet 2025, il est un peu plus de 9h30 quand une trentaine de volontaires en gilets fluorescents, armés de tournevis, de pinces et de tablettes, reçoivent leurs dernières consignes devant la cathédrale Saint-Paul. Face à eux, agents de police et cadres du ministère des Transports peaufinent le plan d’assaut : les rues du quartier des affaires vont être quadrillées pour traquer une infraction devenue trop fréquente – l’usage illégal de plaques d’immatriculation dites « banalisées » ou « fantaisistes ».
« Plateau Nord et Plateau Sud, deux zones, deux équipes. On ne laisse rien passer », lance un superviseur. Les volontaires, visiblement concentrés, se répartissent les checkpoints stratégiques : carrefours, ronds-points, accès aux ministères. La mission est claire : retirer toutes les plaques superposées ou dissimulant l’immatriculation d’origine, y compris sur les véhicules de l’administration.
La tension est palpable lorsque les premiers véhicules sont stoppés par la police. L’un d’eux, un SUV noir arborant une plaque au logo officiel, suscite la curiosité. Un agent s’approche, vérifie, puis hoche la tête : « Plaque illégale ». Deux volontaires interviennent sans tarder. En quelques gestes, la plaque en surcharge est dévissée sous les regards médusés des passants. « C’est pour leur sécurité, et celle de tous. L’indiscipline doit cesser », commente un policier.
Au poste de commandement improvisé, Oumar Sacko, Directeur général des Transports terrestres et de la circulation, suit les opérations de près. Pour lui, l’enjeu est de taille. « Ce n’est pas une simple campagne de sensibilisation. C’est une opération nationale, menée dans toutes les communes du District d’Abidjan. On veut frapper fort », insiste-t-il. La veille, il avait déjà donné le ton : « Trop de véhicules circulent incognito, parfois impliqués dans des délits ou des accidents. Il faut restaurer l’ordre sur nos routes. »
À ses côtés, le Commissaire Divisionnaire-Major Yéo Kollo Roger, préfet de la police d’Abidjan, rappelle les textes. Il cite les décrets de 2014 et 2016 qui interdisent les plaques non conformes et les vitres teintées d’origine douteuse. « Il est temps que chacun se conforme à la loi », martèle-t-il.
Au fil des heures, les interventions s’enchaînent. Des plaques retirées sont enregistrées et conservées. Les voitures des particuliers contrevenants sont parfois conduites en fourrière. Pour les véhicules administratifs, l’heure est à la pédagogie, mais la fermeté n’est pas loin. « À la prochaine infraction, ce sera autre chose », prévient un agent.
Dans les rues du Plateau, cette opération résonne comme un signal fort : la route ne sera plus un espace d’impunité. Et pour les automobilistes, le message est clair : rouler en règle n’est plus une option, c’est une exigence.
Loba Perez
