• jeu. Mar 5th, 2026

Côte d’Ivoire: Laurent Gbagbo plane entre appel à la sagesse et soutien à la résistance citoyenne

ByÉquipe LeJourPile

Oct 22, 2025

👁 9,170 vues

À la veille du scrutin présidentiel du 25 octobre, l’ancien chef d’État ivoirien s’impose une nouvelle fois comme la voix discordante d’un pays sous tension. Sans appeler à la rue, il légitime cependant la colère populaire, tout en mettant en garde contre un retour au parti unique.

Un message de fermeté, pas d’insurrection

Lors de son entretien avec le journaliste Alain Foka, diffusé ce mercredi 22 octobre 2025, Laurent Gbagbo n’a pas appelé les Ivoiriens à descendre dans la rue. Mais il a clairement exprimé sa compréhension, et son soutien moral,  envers ceux qui manifestent contre un processus électoral qu’il juge verrouillé.

« La politique, c’est un langage de symboles et de signaux », explique un analyste proche du PPA-CI. « Gbagbo ne dit pas « allez-y », mais il dit : « je comprends pourquoi vous le faites ». »

L’ancien président, figure historique de la lutte pour le multipartisme, rejette catégoriquement toute dérive. Notamment celle allant vers un système de parti unique, qu’il considère comme une trahison des combats menés depuis les années 1980.

Le gardien d’un héritage démocratique

De son combat universitaire à son accession au pouvoir, en passant par son emprisonnement à la CPI, Laurent Gbagbo a incarné,  et continue d’incarner pour beaucoup, la résistance politique ivoirienne.

Son discours, souvent jugé ambigu par ses adversaires, s’inscrit dans une tradition de vigilance démocratique. Pour lui, soutenir les citoyens qui réclament la justice électorale, ce n’est pas encourager le désordre, mais rappeler que la démocratie ne se limite pas à un bulletin de vote.

« Il ne faut pas que la Côte d’Ivoire retombe dans les travers du passé », a-t-il martelé, appelant à « la sagesse » et à « la défense légale de l’ordre constitutionnel ».

Un avertissement politique

À trois jours du scrutin, l’ancien président redoute une dérive institutionnelle qui, selon lui, pourrait mener à une crise politique majeure. Derrière ses mots pesés, se dessine une alerte : celle d’un homme qui a vu son pays plonger dans le chaos et qui redoute que l’histoire se répète.

« Descendre dans la rue », dans le langage gbagboïste, ce n’est pas nécessairement affronter, mais résister symboliquement à ce qu’il perçoit comme un « coup d’État civil ».

Dans un contexte où la méfiance envers les institutions est à son comble, le message de Gbagbo apparaît comme celui d’un patriote inquiet : refuser la résignation sans appeler à la violence.

Un appel à la vigilance nationale

En soutenant les initiatives « légales et pacifiques » visant à restaurer la légitimité démocratique, Laurent Gbagbo se positionne comme un gardien moral de la République. Pour lui, la rue n’est pas une arme, mais un espace de conscience politique.

Dans une  Côte d’Ivoire qui se trouve face à un choix: l’apaisement ou la fracture, Gbagbo, fidèle à sa réputation de stratège, semble vouloir que l’histoire retienne qu’il a choisi le camp de la vigilance et de la démocratie.

Perez. E.

Équipe LeJourPile