C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour la Côte d’Ivoire dans la gouvernance de son territoire.
Sous l’impulsion du Comité national de télédétection et d’information géographique (CNTIG), dirigé par Dr Édouard Fonh-Gbei, le pays engage un tournant décisif : la mise en place d’un Conseil national des experts et professionnels de la géomatique (CNEP-GEO). Un organe appelé à structurer, encadrer et valoriser une discipline essentielle à la planification du développement national.
Réuni ce mercredi 12 novembre 2025, un groupe de travail pluridisciplinaire a été officiellement installé par le CNTIG. Notamment, pour conduire la réflexion et rédiger les textes constitutifs dudit futur Conseil.
Une étape clé dans la marche vers la reconnaissance institutionnelle de la géomatique, science stratégique de la donnée spatiale. Pourtant, longtemps marginalisée, malgré son rôle central dans la gestion du territoire, l’aménagement urbain ou la sécurité environnementale.
« Nous avons la conviction que le CNEP-GEO garantira la rigueur scientifique. Qu’il encouragera la mutualisation des savoir-faire et servira de catalyseur à la transformation numérique de notre territoire. », a affirmé avec détermination le Dr Édouard Fonh-Gbei.
Depuis les années 1990, la géomatique ivoirienne avance dans l’ombre, sans cadre réglementaire. Ni statut officiel, contrairement aux métiers de l’architecture, de l’urbanisme ou de la géométrie. Pourtant, ses acteurs, ingénieurs, chercheurs, praticiens du terrain, constituent une force vive, indispensable à la modernisation du pays.
Leur volonté de se doter d’une structure professionnelle traduit une aspiration claire : faire reconnaître la géomatique comme un levier stratégique de souveraineté et de développement durable.
Le CNEP-GEO aura pour mission de :
– garantir des pratiques conformes aux standards éthiques et techniques internationaux ;
-renforcer la gouvernance nationale des données géospatiales;
– structurer la profession et promouvoir l’excellence scientifique;
Un appel à la mobilisation a été lancé à l’ensemble des acteurs, publics, privés, académiques et associatifs, pour bâtir une communauté « forte, responsable et tournée vers l’excellence ».
Six sous-commissions thématiques piloteront les travaux préparatoires, couvrant notamment la communication et le plaidoyer, le diagnostic sectoriel, ainsi que la déontologie et les normes professionnelles.
Ce chantier ambitieux ne relève pas d’une simple réforme technique : il incarne une volonté nationale de souveraineté numérique et territoriale.
La géomatique, outil de décision, de transparence et d’efficacité, se positionne désormais au cœur de la transformation géospatiale de la Côte d’Ivoire.
Loba Perez

