Le Parc des expositions d’Abidjan a vibré ce samedi 21 juin 2025, au rythme d’une ferveur militante rarement égalée. Drapés de blanc et d’orange, de nombreux congressistes du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), ont afflué dès l’aube, brassards au bras, slogans aux lèvres, pour la première journée du congrès tant attendu du parti présidentiel.
Dès 10 heures, la grande salle accueille les participants, transformée en une mer de pagnes imprimés à l’effigie d’Alassane Ouattara, le chef de l’État et président du RHDP. L’ambiance est électrique. Sur le podium, les mots d’ouverture du vice-président de la République, Tiémoko Meyliet Koné. Il a la charge de représenter le président Ouattara, donnent le ton.
« Ce congrès marque un tournant décisif de notre engagement politique », lance-t-il d’une voix posée, ponctuée par des salves d’applaudissements. Il salue la « vision éclairée » du président Ouattara, présenté comme l’héritier naturel du père de la Nation, Houphouët-Boigny. Ainsi que celui par qui la Côte d’Ivoire a retrouvé « stabilité, croissance et espoir » depuis 2012.
Le thème du jour, inscrit en lettres géantes au-dessus de l’estrade « Le RHDP pour une Côte d’Ivoire en paix, prospère et solidaire », guide la réflexion politique. Mariatou Koné, ministre de l’Éducation et présidente de la session scientifique, coordonne les échanges de fond. Mais l’enjeu dépasse la théorie : il s’agit aussi, en coulisses, de baliser la voie pour l’échéance présidentielle d’octobre prochain.
Sur les rangs, les congressistes écoutent, notent, échangent. Issiaka, coordinateur venu de Daloa, confie : « Ce congrès, ce n’est pas seulement un rendez-vous de discours. C’est ici qu’on scelle l’avenir de notre pays. Et pour beaucoup d’entre nous, le seul capitaine possible, c’est encore Ouattara. »
Un sentiment que ne cache pas le ministre Amedé Kouakou, président du comité d’organisation : « Ce moment que nous vivons n’est pas seulement statutaire. Il est chargé d’émotion, de mémoire, d’engagement », affirme-t-il devant la salle conquise. Il rappelle les 47 pré-congrès tenus dans les régions, preuve d’un parti qui consulte et écoute. Et d’ajouter, dans une envolée : « Nous avons traversé les blessures, les vents contraires. Aujourd’hui, nous sommes debout, plus forts. »
Son discours, entre hommage au chef et appel à l’unité, résonne fortement. « Ce pays a trouvé en un homme, Alassane Ouattara, une lumière, un guide, un bâtisseur. », indique-il.
Les intentions sont désormais claires : les bases militantes ont largement exprimé leur volonté de voir Alassane Ouattara poursuivre l’aventure, à la tête du parti comme de l’État. Le congrès, officiellement destiné à désigner le président du RHDP et son candidat à la présidentielle, s’apparente de plus en plus à une investiture attendue.
La suite s’écrira le dimanche 22 juin au Stade Olympique d’Ebimpé, au nord-ouest d’Abidjan, où le RHDP ambitionne de rassembler 100 000 personnes. Une démonstration de force annoncée, pour affirmer, haut et fort, qu’il reste une puissance politique du pays.
Loba Perez

