Le Musée des Cultures Contemporaines Adama Toungara (MuCAT) d’Abobo a officiellement lancé, le 4 décembre, lors d’une conférence de presse, l’exposition « Murmures d’archives sur les traces de Hans Himmelheber ». Un événement majeur qui se tiendra du 9 décembre 2025 au 8 mars 2026. Cette initiative, fruit d’une coopération renforcée entre la Côte d’Ivoire et la Suisse, entend revisiter l’héritage laissé par l’ethnologue et collectionneur allemand à travers une riche sélection de photographies, films et objets patrimoniaux.
Une coopération culturelle saluée par les autorités
Ouvrant la conférence de presse, la directrice du MuCAT, TAMANDRA Geny, a souligné le caractère structurant de cette exposition pour les institutions culturelles ivoiriennes.
« Avec “Murmures d’archives”, nous consolidons le rôle du MuCAT comme un espace de transmission, de recherche et de dialogue interculturel. Cette exposition n’est pas seulement une rétrospective ; c’est un acte de mémoire et de reconnaissance envers ceux qui ont contribué à documenter notre patrimoine », a-t-elle déclaré.
« Notre musée est un lieu vivant, ouvert à tous. Nous souhaitons que cette exposition aide chaque visiteur à réinterroger le regard porté sur notre histoire et à mieux comprendre la richesse des cultures ivoiriennes », a conclu la direction du musée.
L’ambassadeur de Suisse en Côte d’Ivoire, Son Excellence Dominique Favre, également présent au côtés de la représentante du ministère de la culture, a mis en avant l’importance de cette collaboration muséale.
« Hans Himmelheber a constitué l’une des plus importantes documentations sur les arts et les traditions ivoiriens au XXᵉ siècle. La Suisse est fière d’accompagner cette démarche visant à partager, questionner et valoriser ces archives dans une logique de respect et de transparence », a-t-il affirmé.
Un enjeu patrimonial et scientifique majeur
Pour la Cheffe de Cabinet du Ministère de la Culture la culture et de la Francophonie, Adeline GNAHOUA TOUALI, cette exposition illustre la volonté de l’État ivoirien de renforcer la conservation et la valorisation du patrimoine national.
« L’héritage de Hans Himmelheber interpelle notre responsabilité collective. À travers cette exposition, la Côte d’Ivoire confirme son engagement à documenter, préserver et restituer la profondeur de ses cultures, tout en travaillant avec les institutions internationales dans un esprit d’ouverture et de rigueur scientifique », a-t-elle indiqué.
Pour le Directeur du Musée des Civilisation de Côte d’Ivoire, Tagro GNOLEBA Francis, C’est un moment essentiel pour réaffirmer la valeur de notre patrimoine et le rendre accessible aux générations futures. « À travers cette exposition, nous honorons non seulement l’œuvre de Hans Himmelheber, mais aussi la profondeur et la diversité des cultures ivoiriennes qu’il a contribué à documenter.»
Conçue conjointement par une équipe curatoriale ivoirienne et suisse, l’exposition réunit :
170 photographies d’archives, dont plusieurs inédites,
20 films évoquant scènes de vie, pratiques artisanales et rituels,
70 objets traditionnels, parmi lesquels 24 pièces issues de la donation Himmelheber.
Selon la directrice du projet muséographique, Dr Mchaela Oberhofer, cette sélection permet de reconstituer les étapes des voyages de l’ethnologue en Côte d’Ivoire tout en replaçant ses observations dans un cadre contemporain.
« Nous avons voulu faire dialoguer les archives historiques avec les savoir-faire vivants. Les œuvres et documents exposés ne sont pas figés : ils portent des mémoires, des transmissions et des questionnements toujours actuels », explique-t-elle.
Un rendez-vous culturel incontournable à Abobo
Avec « Murmures d’archives », le MuCAT ambitionne d’attirer un large public : chercheurs, étudiants, artistes, mais aussi habitants d’Abobo et d’Abidjan. Les organisateurs rappellent également que cet événement s’inscrit dans une dynamique plus large de professionnalisation des métiers du patrimoine, à travers la formation des conservateurs, la numérisation des archives et le déploiement de projets de coopération internationale.
L’exposition, accessible pendant trois mois, s’annonce déjà comme l’un des temps forts de la saison culturelle 2025-2026.
Loba Perez

