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Côte d’Ivoire: le PPA-CI alerte sur un “bilan alarmant” de détenus, de disparitions et de décès

ByÉquipe LeJourPile

Déc 4, 2025

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Le Parti des Peuples Africains–Côte d’Ivoire (PPA-CI) a dressé, jeudi 4 décembre 2025, un tableau sombre de la situation des personnes interpellées lors de la crise pré-électorale. Présentant ce bilan devant la presse, Justin Katinan Koné, président du Conseil stratégie et politique du parti, a dénoncé « une répression d’une ampleur inédite » et appelé à une mobilisation nationale et internationale.

Selon les chiffres communiqués par le pool d’avocats du parti, 612 personnes jugées après la présidentielle du 25 octobre ont été concernées par des procédures accélérées : 213 ont été reconnues non coupables, 5 condamnées avec sursis, et 394 condamnées à des peines fermes, souvent fixées au maximum légal de 36 mois pour des faits de troubles à l’ordre public.

Le parti souligne que d’autres procédures, menées sans avocats, ont conduit à des condamnations supplémentaires : 12 à Dabou et 7 à Oumé, l’ensemble de ces jugements ayant été contestés en appel.

Des chiffres qui dépassent les données officielles

Le PPA-CI affirme que 17 personnes ont perdu la vie, un nombre supérieur à celui annoncé par le gouvernement lors du Conseil national de sécurité du 13 novembre (11 morts). Par ailleurs, 14 personnes manquent toujours à l’appel, leurs familles ne sachant ni où ni dans quelles conditions elles seraient détenues.

À cela s’ajoutent plus de 56 blessés et plus de 1 000 arrestations, selon Justin Katinan Koné. Les détenus seraient répartis dans plusieurs structures carcérales du pays, dont plus de 900 à la PPA (ex-MACA), mais aussi Bouaké, Guiglo, Soubré, Toumodi, San-Pedro, Bouaflé et dans la région du Goh.

La situation des femmes préoccupe particulièrement le parti : 39 ont été arrêtées, dont 18 condamnées à 36 mois, tandis que deux d’entre elles, enceintes, seraient détenues sans accès aux soins nécessaires.

Lancement d’une initiative dédiée aux prisonniers politiques

Face à ce constat, le président du PPA-CI, Laurent Gbagbo, a lancé le 29 novembre l’Initiative pour la libération des prisonniers politiques (ILPO), présentée comme un dispositif d’accompagnement juridique et humanitaire, mais aussi comme un instrument politique de défense des libertés publiques.

Cette plateforme vise à coordonner les actions entre familles, avocats, organisations de défense des droits humains et institutions internationales. Elle ambitionne également de maintenir vivante la contestation contre le 4ᵉ mandat du président Alassane Ouattara, que le PPA-CI continue de qualifier « d’anticonstitutionnel ».

« Les personnes détenues l’ont été parce qu’elles ont participé à la mobilisation contre ce 4ᵉ mandat. Les abandonner reviendrait à renoncer au combat », a insisté Justin Katinan Koné, appelant à une solidarité accrue.

Ljp

Équipe LeJourPile