👁 9,933 vues
À quelques semaines d’un scrutin législatif contesté, la décision de Laurent Gbagbo résonne comme un coup de tonnerre dans le paysage politique ivoirien. Le président du PPA-CI a tranché : plus de vingt cadres qui ont choisi de défier la ligne officielle de résistance sont immédiatement révoqués. Pour le parti, il ne s’agit pas d’une purge, mais d’un acte de cohérence politique et de fidélité à un combat historique.
En rendant publique cette décision le 19 novembre, la porte-parole Me Habiba Touré a rappelé que la lutte du PPA-CI n’est pas une lutte de façade : elle s’inscrit dans la continuité d’un engagement de longue date contre l’injustice, l’arbitraire et la confiscation démocratique. Ceux qui ont préféré la voie individuelle des candidatures, en rupture totale avec la ligne collective, ont choisi de s’éloigner du camp de la résistance.
Les noms qui tombent — Georges Armand Ouégnin, Stéphane Kipré, Prince Arthur Dalli, Seri Louma et bien d’autres — montrent que nul n’est au-dessus des principes, si haut soit-il placé. Pour le PPA-CI, ces décisions rappellent que la discipline n’est pas un luxe : c’est le socle même d’un parti né dans la tourmente, bâti sur le prix du sang, de l’exil et du sacrifice.
Depuis la session du Comité central du 6 novembre, la position de Laurent Gbagbo est sans ambiguïté. Participer aux législatives de décembre reviendrait, selon lui, à légitimer un « braquage électoral » qui a coûté des vies. Ce serait tourner le dos aux blessés, aux familles endeuillées, à tous ceux qui ont payé le prix fort pour défendre la démocratie.
« C’est couvrir les morts d’un linceul dédaigneux », a-t-il dénoncé avec force.
Le PPA-CI s’inscrit donc dans une logique de résistance totale, refusant tout compromis qui pourrait diluer son message ou affaiblir la bataille politique engagée. La direction rappelle que, selon l’article 8 des statuts, la discipline s’impose à tous, sans exception. On ne peut pas se réclamer du parti dans les honneurs et s’en écarter quand le combat devient difficile.
Ces sanctions ne sont pas un repli : elles sont un avertissement et un acte de fidélité au projet collectif. Elles réaffirment que le PPA-CI ne se laissera pas entraîner dans un processus électoral qu’il juge biaisé, violent et dénué de garanties démocratiques.
À l’heure où certains préfèrent les voies personnelles, le PPA-CI choisit la ligne dure : celle de la résistance, de la cohérence et de l’honneur.
La bataille continue, mais elle se mènera avec celles et ceux qui acceptent d’en porter le poids jusqu’au bout.
Ljp
