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À Abidjan, récemment, un souffle d’espoir a traversé les rangs des acteurs du secteur minier artisanal. Les ONG Impact et Solidaridad, avec l’appui du Partenariat européen pour les minéraux responsables (EPRM), ont lancé le projet « Passer à l’échelle supérieure ». L’ambition est claire : sortir des milliers d’artisans miniers de la clandestinité et les guider vers une exploitation légale, responsable et reconnue à l’international.
Ce projet s’inscrit dans la continuité de l’initiative pilote « Or Just », menée dans la région du Hambol, et vise désormais un déploiement plus large dans les régions du Hambol, du Lac et du N’Zi.
Pour Olive M’Bahia, directrice pays de Solidaridad, il est urgent de briser le cercle vicieux de l’illégalité :« Nous voulons que les petits producteurs d’or artisanaux travaillent sur la traçabilité et la légalité de leurs activités. Cela leur permettra de vendre leurs produits à des acheteurs internationaux, mais surtout de travailler dans la dignité. »
Dans un pays où l’orpaillage clandestin reste une plaie sociale et environnementale, cette initiative se veut une réponse courageuse. Elle cherche à protéger les communautés locales, souvent victimes de pollutions, d’accidents et d’exploitation, tout en encadrant les exploitants légaux encore trop peu informés des procédures exigées par l’État.
Présente à l’atelier de lancement, organisé à l’hôtel Les Vallons de Cocody, Kouadio Solange, directrice générale des Mines et de la Géologie, a salué « une initiative qui contribue à réguler le secteur de la petite mine ». Pour elle, la collaboration avec les partenaires internationaux est essentielle pour bâtir une filière transparente et durable, alignée sur le Code minier ivoirien et les standards mondiaux.
Au cœur du dispositif, une innovation : l’application numérique « Extension Solution », développée par Impact et Solidaridad. Cet outil permet aux exploitants et aux acheteurs de vérifier leur conformité avec les normes nationales et internationales, telles que le Code Craft, garantissant ainsi un commerce plus juste et légal de l’or.
Au-delà des chiffres et des procédures, le projet pose une question fondamentale : comment rendre à ces artisans miniers, souvent invisibles et marginalisés, la reconnaissance et les droits auxquels ils aspirent ? Avec ce programme, un pas est franchi. Mais la route vers une exploitation réellement responsable et respectueuse des communautés reste encore longue.
LJP
