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Côte d’Ivoire: Yasmina Ouégnin, le départ d’une voix libre du Parlement ivoirien

ByÉquipe LeJourPile

Nov 13, 2025

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C’est une page qui se tourne à l’Assemblée nationale. Yasmina Ouégnin, députée emblématique de Cocody, a annoncé qu’elle ne sera pas candidate aux législatives du 27 décembre 2025. Après trois mandats consécutifs, la parlementaire du PDCI-RDA quitte l’hémicycle, laissant derrière elle l’image d’une voix singulière, libre et attachée à une certaine idée de la politique ivoirienne.

Dans un message sobre mais chargé d’émotion publié sur sa page Facebook, elle explique avoir pris sa décision « en âme et conscience », refusant de briguer un nouveau mandat malgré l’appel de son parti. « Le temps est venu pour moi de passer le témoin », écrit-elle, précisant qu’il ne s’agit pas d’un retrait, mais d’une transformation de son engagement. Un choix rare, presque à contre-courant, dans une scène politique souvent marquée par la longévité des carrières et l’attachement aux privilèges du pouvoir.

Pour beaucoup d’observateurs, le départ de Yasmina Ouégnin symbolise la fin d’un cycle et pose la question du renouvellement politique en Côte d’Ivoire. Élue pour la première fois en 2011, elle aura incarné au fil des mandats une autre façon de faire de la politique : proximité, indépendance d’esprit, et refus des clivages partisans lorsqu’ils contredisent les valeurs républicaines. Membre du groupe parlementaire VOX POPULI, elle s’est distinguée par des prises de position courageuses sur la transparence électorale, la gouvernance et la participation citoyenne, souvent à contre-courant des consignes partisanes.

Son départ interroge aussi le PDCI-RDA, formation historique qu’elle n’a cessé de défendre, mais qu’elle invite aujourd’hui à se réinventer. « Je reste fidèle à notre grande famille politique », assure-t-elle, tout en appelant ses militants à se rassembler autour des candidats retenus. En filigrane, un message clair : il est temps de préparer la relève, de former une nouvelle génération de responsables ancrés dans le service public et non dans la carrière politique.

Dans un contexte de recomposition politique et de quête de crédibilité institutionnelle, la décision de Yasmina Ouégnin a valeur d’exemple. En renonçant volontairement à un siège qu’elle aurait pu conserver, elle redonne du sens à la notion de mandat-temporaire, au service du peuple, et non un héritage personnel.

Ce départ, loin d’être un adieu, résonne comme un passage de flambeau. Fidèle à sa vision d’une Côte d’Ivoire apaisée, Yasmina Ouégnin semble vouloir continuer le combat autrement : sur le terrain social, citoyen ou intellectuel. Son retrait de la scène parlementaire marque sans doute la fin d’un chapitre, mais aussi l’ouverture d’un autre — celui d’une nouvelle génération d’Ivoiriens appelés à conjuguer la politique avec conviction, intégrité et engagement.

Ljp