Katinan Koné, cadre du PPA-CI, est revenu ce jeudi 11 décembre 2025 sur l’appel lancé par l’ex-président Laurent Gbagbo à « faire éclater la vérité » sur les crises ayant secoué la Côte d’Ivoire de 1999 au quatrième mandat du président Alassane Ouattara. Face à la presse, il s’est exprimé autour du thème : « Vérité, justice, réparation et réconciliation », rappelant les enjeux d’une mémoire nationale encore inachevée.
Cette prise de parole intervient trois jours après la déclaration de Laurent Gbagbo, prononcée lors de la prestation de serment du président Ouattara, dans laquelle il a plaidé pour que la Cour pénale internationale (CPI) contribue à mettre en lumière les responsabilités et les zones d’ombre des crises ivoiriennes.
Selon Katinan Koné, l’ancien chef de l’État souligne dans sa lettre à la nation que plusieurs « chantiers essentiels » demeurent en suspens, notamment celui de la vérité, de la justice et du traitement des prisonniers d’opinion. Il a rappelé plus de vingt ans de turbulences politiques : l’élection contestée de 2000, le coup d’État manqué de 2001, la rébellion de 2002-2010, la crise postélectorale de 2011 et les massacres dans l’Ouest du pays.
Le cadre du PPA-CI a également évoqué les critiques de Laurent Gbagbo vis-à-vis de la décision du Conseil constitutionnel de 2010, qui avait validé l’élection d’Alassane Ouattara dans un climat de contestations. L’ancien président estime que la vérité doit être établie pour toutes les victimes, sans distinction.
La crise postélectorale de 2011 a fait, selon la Commission d’enquête internationale, 3 248 morts, tandis que des organisations comme Human Rights Watch ont dénoncé des exactions commises par les forces pro-Ouattara dans l’Ouest du pays.
Transféré à la CPI fin 2011, Laurent Gbagbo a finalement été acquitté en 2019, tout comme Charles Blé Goudé, leur liberté totale n’ayant été confirmée qu’en mars 2021. Pour Katinan Koné, cet acquittement confirme la nécessité d’un examen impartial des responsabilités de toutes les parties impliquées.
Du côté du pouvoir actuel, il a relevé que seul Amadé Ourémi a été jugé et condamné à la perpétuité pour les crimes commis à Duékoué en 2011, estimant que la justice demeure encore « sélective » et que la réconciliation nationale exige d’aller plus loin.
Selon lui, l’appel de Laurent Gbagbo vise au rétablissement d’une vérité globale comme fondement d’une réconciliation durable en Côte d’Ivoire.
Ljp

