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Culture et patrimoine : Françoise Remarck muscle l’axe stratégique Côte d’Ivoire–UNESCO

ByÉquipe LeJourPile

Fév 22, 2026

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 La Ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a reçu le chef du bureau UNESCO Abidjan, Omar Diop, pour consolider une coopération déjà active. États généraux de la Culture, musée de la traite à Grand-Lahou, Cité de l’innovation et de la Culture, retour du Djidji Ayokwé : la ministre affiche une feuille de route ambitieuse et structurée, avec un cap clair sur l’impact social, la ratification des textes et la valorisation du patrimoine national.

La diplomatie culturelle ivoirienne franchit une nouvelle étape. Le mardi 17 février 2026, la Ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a reçu en audience le chef du bureau UNESCO Abidjan, Omar Diop. La rencontre s’est tenue au cabinet ministériel, à la tour B au Plateau, en présence de plusieurs collaborateurs de la ministre.

Au cœur des échanges : le renforcement d’un partenariat stratégique entre la Côte d’Ivoire et l’agence onusienne en charge de l’éducation, de la science et de la culture. Une coopération déjà dense, mais que la ministre entend structurer davantage autour d’actions concrètes et mesurables.

Accélérer les réformes et finaliser les ratifications

Dès les civilités de bienvenue, Françoise Remarck a fixé le ton. Elle a exprimé son souhait de voir finalisées toutes les ratifications des textes en lien avec l’UNESCO. Pour elle, l’enjeu dépasse le simple respect des engagements internationaux.

Il s’agit de positionner la Côte d’Ivoire comme un pays exemplaire en matière de gouvernance culturelle et de protection du patrimoine. En accélérant ces ratifications, le ministère entend renforcer la crédibilité du pays sur la scène internationale et consolider son cadre juridique en matière de culture.

Cette volonté s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation du secteur culturel ivoirien, portée par la ministre depuis sa prise de fonction.

Des États généraux pour repenser la politique culturelle

Parmi les chantiers prioritaires évoqués figure l’organisation des états généraux de la Culture. Ce rendez-vous national doit permettre de dresser un diagnostic approfondi du secteur et d’identifier des solutions adaptées aux réalités actuelles.

Pour Françoise Remarck, ces états généraux constituent un moment clé. Ils doivent offrir un espace d’expression aux acteurs culturels, aux créateurs, aux institutions et aux partenaires techniques.

L’objectif est clair : bâtir une politique culturelle cohérente, inclusive et tournée vers l’avenir. Une politique capable de soutenir la création, de structurer les filières et de renforcer la contribution du secteur culturel à l’économie nationale.

Grand-Lahou : vers un musée de la traite

Autre projet majeur abordé lors des échanges : la création d’un musée de la traite à Grand-Lahou. Ce futur espace mémoriel vise à inscrire durablement dans l’histoire nationale et internationale la mémoire de la traite négrière.

Pour la ministre, ce projet revêt une dimension historique et éducative essentielle. Il s’agit non seulement de préserver la mémoire, mais aussi de transmettre aux jeunes générations une compréhension éclairée de cette page douloureuse de l’histoire.

En associant l’UNESCO à cette initiative, le ministère entend bénéficier d’un accompagnement technique et d’une expertise internationale, afin de garantir la qualité scientifique et muséographique du futur établissement.

Une Cité de l’innovation et de la Culture en perspective

La création d’une Cité de l’innovation et de la Culture figure également parmi les priorités stratégiques. Ce projet ambitieux vise à offrir un espace dédié à la créativité, à la formation et à l’entrepreneuriat culturel.

Dans la vision portée par Françoise Remarck, cette Cité doit devenir un pôle d’excellence, capable d’accompagner les talents, de stimuler l’innovation et de favoriser les synergies entre culture et numérique.

L’ambition est de faire de la culture un levier de développement économique et d’insertion professionnelle, notamment pour les jeunes.

Le retour du Djidji Ayokwé, symbole de souveraineté culturelle

Les discussions ont également porté sur le processus de retour du Djidji Ayokwé, tambour parleur emblématique du peuple Atchan. Conservé en France depuis l’époque coloniale, cet objet patrimonial incarne une forte charge symbolique.

La ministre suit de près ce dossier, qui s’inscrit dans le mouvement international de restitution des biens culturels africains. Pour elle, le retour du Djidji Ayokwé représente un acte de justice historique et un signal fort en faveur de la souveraineté culturelle.

Un partenariat au service des communautés

Au-delà des projets structurants, Françoise Remarck a insisté sur la nécessité d’organiser des séances de travail techniques afin d’élaborer des plans d’actions concrets.

Ces plans devront, selon elle, impacter durablement la vie des communautés, en particulier celle des femmes et des jeunes. La ministre souhaite que la coopération avec l’UNESCO se traduise par des programmes tangibles sur le terrain : formations, soutien aux industries culturelles, promotion du patrimoine immatériel.

En mettant l’accent sur l’inclusion et l’impact social, elle réaffirme sa conviction que la culture ne doit pas être perçue comme un secteur périphérique, mais comme un pilier du développement durable.

À travers cette rencontre, Françoise Remarck confirme sa volonté de faire de la coopération avec l’UNESCO un levier stratégique. Une diplomatie culturelle offensive, structurée et orientée vers des résultats concrets, au service du rayonnement de la Côte d’Ivoire et de l’épanouissement de ses talents.

Ljp

Équipe LeJourPile