👁 2,856 vues
Du 9 au 13 février 2026, la capitale sénégalaise a accueilli une formation stratégique de cinq jours réunissant des diplomates et hauts fonctionnaires de 14 pays africains, visant à renforcer la capacité du continent à défendre ses intérêts économiques et climatiques à l’international.
Organisée par l’Institut africain de développement économique et de planification (IDEP), institution des Nations Unies, en partenariat avec le Centre d’excellence pour le leadership et le management pour le développement de l’Afrique (CELMAD), la session a rassemblé des représentants du Burkina Faso, Comores, République démocratique du Congo, Gambie, Ghana, Guinée équatoriale, Kenya, Libye, Mauritanie, Maroc, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie et Tunisie.
Dans un contexte où l’Afrique contribue seulement à 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, tout en étant fortement touchée par le changement climatique, cette formation visait à transformer la vulnérabilité du continent en force de négociation. Les participants ont exploré les mécanismes de financement climatique, la transition énergétique juste et les stratégies de défense des intérêts africains dans les négociations internationales, en utilisant des outils pratiques tels que le modèle 5×5, la BATNA et la ZOPA.
Le point culminant a été une simulation de négociation de type COP, où les diplomates ont formé des coalitions, articulé des positions africaines unifiées et pratiqué la prise de décision sous haute pression, se préparant notamment à la COP31 (Turquie, 2026) et à la COP32 (Éthiopie, 2027).
Selon Fodé Ndiaye, directeur général du CELMAD, la formation a mis l’accent sur la nécessité d’une approche holistique, combinant financement international et mobilisation des ressources domestiques : « L’Afrique ne doit pas seulement compter sur les financements externes, mais aligner ces ressources avec ses propres capacités et opportunités, notamment ses minerais, son potentiel énergétique et sa biodiversité ».
Les participants ont identifié cinq axes prioritaires : intégrer systématiquement le climat dans toutes les politiques publiques, renforcer la capacité d’anticipation face au changement climatique, améliorer la coordination institutionnelle, préparer les positions de négociation en amont et activer rapidement les opportunités stratégiques du continent.
La philosophie de l’Ubuntu, mise en avant par Mamadou Soulé Guèye, représentant du ministère des Affaires étrangères du Sénégal, a rappelé l’importance de la solidarité et de l’action collective : « Je suis parce que nous sommes. L’Afrique peut se dresser comme un acteur majeur lorsqu’elle agit unie et solidaire ».
Fort de cette première édition réussie, l’IDEP et le CELMAD prévoient une deuxième session à Addis-Abeba en avril 2026, afin de former une nouvelle cohorte de fonctionnaires africains et de poursuivre le renforcement de la diplomatie économique et climatique du continent.
« Nous quittons Dakar mieux préparés, mieux connectés et mieux alignés. Le vrai travail commence maintenant : traduire cette expérience en résultats concrets pour nos populations et notre planète », a conclu M. Guèye.
Ljp
