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L’autorité suisse de régulation financière, la FINMA, a annoncé l’ouverture d’une enquête qui met indirectement la pression sur Tidjane Thiam, ancien DG de la banque et président actuel du PDCI-RDA.
L’enquête menée par la FINMA vise cette fois-ci à examiner les pratiques de gouvernance de l’établissement durant l’époque où Tidjane Thiam était à sa tête. Elle intervient après une enquête interne confiée au cabinet d’avocats Homburger. Crédit Suisse a confirmé la surveillance, en février 2019, de Peter Goerke, alors directeur des ressources humaines, par une société tierce mandatée par la banque. Peter Goerke, aujourd’hui en poste en Asie, est le second dirigeant à avoir été surveillé, selon les conclusions rendues publiques le lundi 23 décembre dernier.
Pour restaurer la transparence et la confiance, la FINMA a nommé un auditeur indépendant chargé de faire la lumière sur les pratiques de gouvernance, les décisions entourant les filatures et l’usage des moyens de communication électronique. L’autorité de régulation a promis de rendre ses conclusions publiques. De son côté, Crédit Suisse s’est engagé à coopérer pleinement avec la FINMA. Bien que la banque ait tenté d’apaiser les tensions en affirmant rejeter toute culture de surveillance, ces mesures semblent insuffisantes pour dissiper les doutes.
Depuis plusieurs mois, la banque fait face à des controverses liées à des activités de surveillance. En septembre dernier, le premier scandale avait éclaté lorsque l’ex-dirigeant Iqbal Khan, parti chez UBS, avait été suivi par des détectives. Cette affaire avait conduit à la démission de Pierre-Olivier Bouée, bras droit de Tidjane Thiam, accusé d’avoir orchestré ces filatures. L’épisode avait également tragiquement entraîné le suicide d’un détective impliqué.
Malgré les enquêtes internes qui ont jusqu’à présent exonéré Tidjane Thiam, ainsi que le président Urs Rohner, cette nouvelle affaire ébranle davantage l’image de la banque, déjà ternie par les scandales précédents.
L.P.
