Une théorie complotiste, partie des bas-fonds d’Internet, a pris des proportions inédites : Brigitte Macron est accusée d’être née homme et d’avoir subi des opérations de transformation. À l’origine de cette rumeur, une influenceuse américaine d’extrême-droite, qui a même publié un livre, Devenir Brigitte, pour nourrir ce récit délirant.
Ce qui aurait pu être balayé comme une absurdité est devenu une affaire judiciaire d’envergure. Le couple présidentiel français a décidé de porter plainte aux États-Unis, dénonçant une diffamation qui atteint à la fois leur vie privée et leur dignité. Mais le choix du terrain américain change la donne : contrairement au droit français où l’accusateur doit prouver ses dires, c’est à la victime de prouver que les accusations sont fausses. Autrement dit, Brigitte Macron pourrait être contrainte de livrer des éléments intimes, voire médicaux, pour infirmer ce mensonge.
Un tel scénario illustre la brutalité de l’espace numérique et les failles juridiques qu’exploitent les faiseurs de rumeurs. Transformer une Première Dame en objet de doute identitaire, c’est tenter de fragiliser un couple présidentiel, mais aussi un pays.
Pour Emmanuel et Brigitte Macron, le combat est désormais double : défendre leur honneur personnel et exposer, à la face du monde, la mécanique toxique des fake news. Derrière ce procès, c’est toute la question de la vérité à l’ère des réseaux sociaux qui se joue, avec une question brûlante : jusqu’où laisserons-nous les rumeurs réécrire la réalité ?
LJP

