👁 5,891 vues
Le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, également gouverneur de la Banque africaine de développement pour la Côte d’Ivoire, a proclamé le jeudi 9 avril 2026 la Déclaration du Consensus d’Abidjan, marquant une avancée majeure dans la réforme du financement du développement en Afrique.
Issu d’un dialogue consultatif de haut niveau, ce texte acte la transformation de la Nouvelle architecture financière africaine (NAFA) en Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD). Il entérine surtout l’adoption de 11 résolutions structurantes destinées à repenser en profondeur les mécanismes de financement du continent.
Organisée sous l’égide de la BAD et placée sous le haut patronage du président Alassane Ouattara, la rencontre a été ouverte par le Premier ministre Robert Beugré Mambé et conduite par le président du Groupe BAD, Sidi Ould Tah. Elle a réuni à Abidjan un large éventail d’acteurs financiers, notamment des gouverneurs de banques centrales, des gestionnaires de fonds souverains, des responsables de banques et des régulateurs.
Au cœur des échanges : un paradoxe majeur. Alors que l’Afrique dispose d’une épargne estimée à près de 4 000 milliards de dollars à moyen et long terme, le continent fait face à un déficit annuel de financement supérieur à 400 milliards de dollars. Une situation attribuée à des dysfonctionnements structurels, notamment la fragmentation des systèmes financiers, une mauvaise allocation du risque et un déficit de coordination entre acteurs.
La NAFAD entend répondre à ces défis en réorganisant l’écosystème financier africain autour de principes clés tels que la coordination, la complémentarité et la transformation du risque. Elle s’appuie sur neuf laboratoires thématiques articulés autour de trois axes majeurs : la structuration du système, la mobilisation des ressources et leur déploiement.
À l’issue des travaux, Sidi Ould Tah a annoncé la mise en place d’un forum annuel chargé de suivre la mise en œuvre de cette nouvelle architecture.
Les résolutions adoptées reposent principalement sur deux priorités : mobiliser l’épargne africaine pour financer des investissements productifs et instaurer un mécanisme continental de partage des risques afin de réduire le coût du capital et attirer davantage d’investissements privés.
Pour Souleymane Diarrassouba, ce consensus constitue « l’acte fondateur d’une architecture financière africaine souveraine », capable de canaliser les ressources internes vers le développement du continent. Il a également souligné l’engagement de la Côte d’Ivoire dans cette dynamique, en cohérence avec son Plan national de développement 2026-2030, largement axé sur la contribution du secteur privé.
Avec cette initiative, Abidjan s’affirme comme un hub stratégique dans la redéfinition des instruments financiers africains, avec l’ambition de bâtir un modèle de développement davantage autonome et résilient.
Loba Perez
