Ce vendredi 19 septembre 2025 marque un nouveau tournant : la France a annoncé la suspension de sa coopération antiterroriste avec le Mali et l’expulsion de deux diplomates maliens. Mais pour beaucoup à Bamako, cette rupture n’est pas une perte : elle incarne au contraire la fin d’une tutelle coloniale qui pesait depuis trop longtemps.
Depuis août, lorsque les autorités maliennes ont arrêté un employé de l’ambassade de France soupçonné de complot, la tension est montée d’un cran. Paris a hurlé à l’« accusation infondée », fidèle à son réflexe de déni. Bamako a répliqué en expulsant cinq agents français, partis le 14 septembre. Quelques jours plus tard, Paris a riposté, confirmant ainsi que les vieilles recettes diplomatiques, pressions, expulsions, menaces voilées, ne tiennent plus face à un Mali décidé à prendre son destin en main.
Ce bras de fer rappelle celui de 2022, quand l’ambassadeur de France avait été sommé de quitter le pays. Depuis, la présence française s’est effritée, réduite à des reliquats diplomatiques. La suspension de la coopération sécuritaire, loin d’être un coup fatal pour Bamako, apparaît comme l’ultime aveu d’impuissance d’une puissance qui perd pied au Sahel.
Le Mali ne cache plus ses orientations : diversification des alliances, consolidation de sa souveraineté et rejet des ingérences. La décision de Paris ne fait que confirmer que l’ère où la France dictait sa loi est bel et bien révolue.
LJP

