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Ghana : La révocation de Gertrude Torkornoo, un signal inquiétant pour l’indépendance judiciaire

ByÉquipe LeJourPile

Sep 2, 2025

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La révocation de Gertrude Torkornoo à la tête de la Cour suprême du Ghana, annoncée le lundi 1er septembre 2025, soulève de sérieuses interrogations sur l’indépendance de la justice et l’équilibre des pouvoirs dans le pays. Suspendue depuis avril 2025, la juge en chef a été démis officiellement de ses fonctions après une enquête de quatre mois menée par une commission spéciale, suite à une pétition citoyenne l’accusant de « mauvaise conduite ».

Si la procédure se fonde sur l’article 146(1) de la Constitution, de nombreux observateurs dénoncent une sanction disproportionnée et politiquement chargée. Nommée en 2023, Mme Torkornoo succédait à Kwasi Anin Yeboah et incarnait une figure d’autorité et de continuité pour le système judiciaire ghanéen. Avec son départ, elle devient la quatrième présidente à être révoquée, et celle au mandat le plus court de l’histoire de la Cour suprême.

Au-delà du cas individuel, cette révocation envoie un signal préoccupant. Notamment, celui de la vulnérabilité des institutions judiciaires face aux pressions politiques. Dans un pays où la justice doit être le rempart de la démocratie et des droits fondamentaux, le limogeage d’une figure emblématique peut affaiblir la confiance du public et mettre en question la protection des magistrats contre les influences extérieures.

La situation interpelle non seulement le Ghana, mais aussi l’ensemble du continent africain. Elle pose la question cruciale de savoir comment garantir l’indépendance des juges et la stabilité des institutions face à des enjeux politiques croissants. Pour de nombreux citoyens et observateurs, il est urgent que la justice ghanéenne retrouve son impartialité, afin que chaque décision rende réellement compte de la loi et non des intérêts du pouvoir en place.

LJP

Équipe LeJourPile