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Un ingénieur ivoirien, formé aux meilleures écoles, qui gravit les sommets d’un géant panafricain de l’énergie et de l’eau. La nomination d’Ahmadou Bakayoko à la tête d’Eranove marque plus qu’une transition managériale : c’est un signal fort en faveur d’un leadership africain assumé, compétent et tourné vers l’impact.
Il incarne cette génération de décideurs africains à la fois enracinés et ouverts sur le monde. Ce 27 juin 2025, le conseil d’administration du groupe Eranove a officiellement nommé Ahmadou Bakayoko au poste de directeur général, en remplacement de Marc Albérola, artisan historique du développement du groupe. Une page se tourne, une autre s’ouvre, portée par une vision continentale ambitieuse.
Ahmadou Bakayoko, polytechnicien, ancien directeur général de la RTI, puis patron de la CIE et de la SODECI, n’est pas un inconnu dans l’univers des services publics. Depuis son arrivée en 2019 à la tête des deux principales sociétés de distribution d’eau et d’électricité de Côte d’Ivoire, leur nombre de clients a tout simplement doublé. Derrière ces chiffres : une politique de proximité, d’innovation et de responsabilité.
« Le groupe Eranove développe un modèle unique sur le continent, alliant ancrage africain, expertise technique et engagement citoyen. Je suis fier d’en reprendre les commandes », a déclaré le nouveau DG, saluant son prédécesseur et promettant de poursuivre « la transformation au service des populations ».
Eranove, c’est plus de 9 600 collaborateurs, plus de 4 millions d’abonnés électriques, 2 millions de clients en eau potable, 344 millions de m³ d’eau produite chaque année et 1 600 MW de capacité électrique opérée. Mais c’est surtout un acteur stratégique pour l’avenir du continent, à l’heure où l’accès universel à l’énergie et à l’eau reste un défi majeur.
La montée en responsabilité d’un dirigeant africain dans un groupe aussi structurant, historiquement dirigé depuis l’Europe, est tout sauf anecdotique. Elle incarne une réappropriation des leviers économiques et techniques pour répondre aux besoins réels des territoires, loin des logiques d’externalisation ou de dépendance.
« L’Afrique a besoin de bâtisseurs, pas de spectateurs », affirmait récemment Bakayoko. Avec cette nomination, il est désormais aux premières loges pour construire des solutions à grande échelle, en lien avec les États et les communautés.
La gouvernance du groupe s’apprête également à nommer un nouveau directeur général pour la CIE et la SODECI, assurant une continuité stratégique. La transition sera effective le 16 juillet 2025.
En filigrane de cette nomination, c’est une autre idée de l’Afrique qui se dessine : celle d’un continent qui se dote de ses propres chefs d’orchestre, pour une transformation durable, inclusive et souveraine.
Loba Perez
