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Guinée-Bissau : la CEDEAO suspend le pays et mandate une mission de médiation

ByÉquipe LeJourPile

Nov 28, 2025

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La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a suspendu la Guinée-Bissau de tous ses organes décisionnels après le coup d’État militaire survenu le 26 novembre 2025, exigeant la restauration immédiate de l’ordre constitutionnel et menaçant d’imposer des sanctions aux instigateurs du putsch.

Lors d’une session extraordinaire virtuelle, sous la présidence du chef d’État sierra-léonais Julius Maada Bio, les dirigeants de l’organisation régionale ont condamné « dans les termes les plus forts » le renversement du président Umaro Sissoco Embaló et appelé à la libération immédiate de tous les responsables politiques détenus.

Mission de médiation de haut niveau

Pour résoudre la crise, le Conseil de Médiation et de Sécurité de la CEDEAO a mandaté une mission tripartite, composée des présidents Faure Gnassingbé (Togo), José Maria Pereira Neves (Cap-Vert) et Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), accompagnés par le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray. La mission a pour mission d’engager les militaires à respecter la démocratie et d’assurer la publication immédiate des résultats de l’élection présidentielle du 23 novembre par la Commission électorale nationale.

Le président déchu, Umaro Embaló, a été exfiltré vers Dakar en toute sécurité, annonce le gouvernement sénégalais. L’opération, coordonnée par Bassirou Diomaye Faye, a mobilisé un aéronef spécialement affrété et a permis la libération de plusieurs responsables politiques et la sécurisation des missions internationales présentes à Bissau.

Transition militaire et retour à l’ordre

Le général Horta N’Tam a été nommé président de la transition pour une durée maximale d’un an. Il s’est engagé à « lutter énergiquement contre le narcotrafic », accusé d’avoir tenté de « capturer la démocratie guinéenne ». La CEDEAO a insisté pour que les forces armées retournent dans leurs casernes et respectent leurs fonctions constitutionnelles, tandis que sa Mission de soutien à la stabilisation en Guinée-Bissau (ESSMGB) continue d’assurer la protection des institutions nationales.

La session extraordinaire a réuni les présidents et représentants du Cap-Vert, Ghana, Liberia, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, ainsi que le vice-président de Côte d’Ivoire, les ministres des Affaires étrangères du Bénin, Gambie et Togo, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, et le Représentant spécial de l’ONU, Leonardo Santos Simao.

La CEDEAO a exprimé sa vive préoccupation face à la crise politique en Guinée-Bissau et a réaffirmé son engagement à soutenir la démocratie et la stabilité dans le pays, en appelant toutes les parties à collaborer pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

Ljp

Équipe LeJourPile