Au lendemain du coup d’État du 26 novembre 2025, le général Horta N’Tam a posé ses premières mesures fortes pour structurer la transition en Guinée-Bissau avec la nomination d’un Premier ministre et d’un nouveau Chef d’État-major général des Forces armées, alors que la Cédéao suspend le pays de toutes ses instances décisionnelles et exige le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel.
Ilídio Vieira Té a été désigné Premier ministre pour une période maximale de 12 mois, cumulant également le portefeuille des Finances, ce qui en fait la figure centrale du pilotage politique et économique de la transition. La veille, le Major-Général Tomás Djássi a été nommé Chef d’État-major général des Forces armées, conformément à la législation militaire en vigueur.
La Cédéao réagit et mandate une mission de médiation
Réunie en session extraordinaire virtuelle sous la présidence de Julius Maada Bio, la Cédéao a condamné « dans les termes les plus forts » le renversement du président Umaro Sissoco Embaló et a demandé la libération immédiate de tous les responsables arrêtés, ainsi que la proclamation sans délai des résultats de l’élection présidentielle du 23 novembre.
Pour tenter d’infléchir la junte, une mission de médiation de haut niveau a été mandatée, composée des présidents Faure Gnassingbé (Togo), José Maria Pereira Neves (Cap-Vert) et Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), accompagnés du président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray. La mission a pour mandat d’engager les dirigeants du coup d’État et de veiller au respect du processus électoral.
Le président déchu, Umaro Sissoco Embaló, a été exfiltré vers Dakar, où il est arrivé « sain et sauf » selon les autorités sénégalaises. L’opération a été coordonnée par le président Bassirou Diomaye Faye, qui a maintenu un contact permanent avec les autorités bissau-guinéennes pour faciliter la libération d’Embaló et sécuriser les missions internationales présentes dans le pays.
Transition militaire et enjeux sécuritaires
Investi pour une durée maximale d’un an, le général Horta N’Tam a promis de lutter énergiquement contre le narcotrafic, accusé d’avoir tenté de « capturer la démocratie guinéenne ». La Cédéao exhorte les forces armées à regagner leurs casernes, tandis que sa Mission de soutien à la stabilisation (ESSMGB) poursuit la protection des institutions nationales.
La session extraordinaire a réuni les présidents du Cabo Verde, Ghana, Liberia, Nigeria, Sénégal et Sierra Leone, le vice-président de Côte d’Ivoire, ainsi que plusieurs ministres des Affaires étrangères. Ont également participé le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, et le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, Leonardo Santos Simão.
Face à cette crise politique majeure, la Cédéao réaffirme sa détermination à défendre la démocratie et la stabilité en Guinée-Bissau, tout en appelant la junte à respecter ses engagements, dont les premières pierres ont été posées avec la nomination du Premier ministre et du nouveau chef des armées.
Ljp

