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A Conakry, la Cour suprême de Guinée a confirmé, ce week-end, la candidature du président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, pour l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, marquant un tournant majeur dans le processus politique de transition engagé depuis 2021.
Sur 51 dossiers de candidature déposés, seuls neuf candidats ont été jugés recevables par la haute juridiction, dont deux indépendants. Parmi eux figure le chef de l’État, dont la candidature était largement anticipée.
Une décision attendue et symbolique
Déposée le 3 novembre dernier, la candidature du général Doumbouya a été validée après examen par la Cour suprême. Ce jour-là, vêtu d’une tenue traditionnelle, le président s’était personnellement rendu à la Cour, accompagné de la garde présidentielle, pour déposer son dossier dans une ambiance de forte mobilisation populaire.
Soutenu par plusieurs plateformes citoyennes, notamment la Synergie GMD25, et par l’Alliance des Forces Patriotiques (AFP), le général Doumbouya bénéficie également du parrainage de 368 présidents de délégations spéciales à travers le pays. Ces derniers saluent son « leadership stabilisateur » et son rôle dans la refondation institutionnelle de la Guinée.
Les autres candidats retenus
Outre le président de la transition, huit autres candidats ont vu leur dossier validé :
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Abdoulaye Yéro Baldé
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Makalé Camara
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Ibrahima Abe Sylla
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Faya Lansana Milimono
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Abdoulaye Kourouma
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Mohamed Nabé
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Bouna Keïta
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Mohamed Chérif Tounkara
En revanche, la candidature de Lansana Kouyaté, ancien Premier ministre, a été provisoirement rejetée, tout comme une trentaine d’autres dossiers invalidés pour des motifs administratifs.
Un paysage politique en recomposition
Cette validation intervient dans un contexte marqué par une reconfiguration du paysage politique guinéen. La certification récente de 51 nouveaux partis porte désormais à 124 le nombre de formations politiques reconnues.
Si certaines figures historiques, telles que Sidya Touré (UFR), ont retrouvé leur statut légal, d’autres partis majeurs, notamment l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et le RPG de l’ex-président Alpha Condé, demeurent suspendus, leurs dirigeants étant toujours en exil.
Par ailleurs, la nouvelle Constitution, adoptée lors du référendum de septembre 2025, fixe à 80 ans la limite d’âge pour briguer la magistrature suprême, excluant ainsi plusieurs anciens leaders politiques.
Une campagne électorale sous haute tension
Avec la validation de sa candidature, le général Mamadi Doumbouya s’impose désormais comme la figure centrale de la présidentielle du 28 décembre. Sa participation officialise la transformation de la transition en compétition politique ouverte, où la question de la légitimité du processus démocratique sera au cœur du débat national.
Konaté Diallo
