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Encore une attaque, encore des flammes sur l’axe Bamako-Kayes. Cette fois, ce sont des camions-citernes partis en fumée, et derrière eux, une population otage d’une guerre qui n’en finit pas. Le JNIM, affilié à Al-Qaïda, revendique, mais ce sont les Maliens ordinaires qui paient le prix.
L’armée a répliqué, lancé des ratissages, réaffirmé sa détermination. Mais jusqu’à quand faudra-t-il répéter ce scénario ? Chaque convoi escorté, chaque village sécurisé reste sous la menace de drones, d’explosifs improvisés, de nouvelles tactiques qui mettent à l’épreuve la résilience nationale.
Au-delà du drame sécuritaire, c’est l’économie entière qui vacille. L’axe Bamako-Kayes n’est pas une simple route : il est le cordon ombilical du Mali avec le Sénégal, un couloir vital par lequel transitent plus de 800 milliards de francs CFA d’exportations. Quand cette artère est paralysée, c’est tout un pays qui suffoque.
Le message est clair : il ne s’agit plus seulement d’un problème militaire, mais d’une bataille pour la survie économique et la stabilité régionale. Bamako ne peut pas porter seul ce fardeau. Dakar est directement concerné, tout comme l’ensemble des voisins de la région.
Ce qui est en jeu dépasse une victoire tactique : c’est la liberté de circuler, de commercer, de vivre sans peur sur une route qui devrait unir et non diviser. L’heure n’est plus à la réaction ponctuelle, mais à une stratégie concertée, régionale, durable.
Chaque citerne brûlée sur l’axe Bamako-Kayes est plus qu’une perte matérielle : c’est un avertissement. Ignorer ce signal, c’est laisser s’installer le chaos.
LJP
