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Législatives et communales au Bénin: le pari tenu des urnes, symbole d’une résilience démocratique

Les Béninois ont voté dans le calme dans le cadre des législatives et communales.

En maintenant, coûte que coûte, les élections législatives et communales du 11 janvier 2026, le Bénin a transformé une épreuve sécuritaire majeure en démonstration de solidité républicaine. Un choix fort, salué par de nombreux observateurs nationaux et internationaux, qui conforte l’image d’un État attaché à la primauté de la Constitution.

Si l’attention populaire semble davantage tournée vers la présidentielle d’avril prochain, la tenue sereine et ordonnée de ce double scrutin confirme l’enracinement des institutions béninoises, au-delà des secousses conjoncturelles. Le dimanche 11 janvier, les électeurs ont été appelés aux urnes pour renouveler les députés et les conseillers municipaux, dans un climat globalement apaisé.

L’enjeu dépassait largement le simple renouvellement des instances locales et parlementaires. Ce scrutin constituait la première grande échéance nationale depuis la tentative de coup d’État avortée du 7 décembre 2025. À ce titre, il s’est imposé comme un test grandeur nature pour la résilience de l’ordre constitutionnel béninois.

Le choix du maintien du calendrier électoral apparaît comme l’acte politique le plus marquant de cette séquence. En refusant tout report, le gouvernement a affirmé la primauté de la règle sur l’exception, envoyant un signal clair : la République ne se suspend pas, même sous la pression de l’imprévu.

La règle constitutionnelle face à l’épreuve sécuritaire

Dans une sous-région ouest-africaine souvent confrontée à des reports électoraux pour motifs sécuritaires, la décision béninoise tranche par sa fermeté. Elle traduit une maturité institutionnelle et une volonté de ne pas céder aux logiques de rupture. L’État a montré sa capacité à faire fonctionner ses mécanismes démocratiques, même en contexte de tension.

Sur le plan opérationnel, la Commission électorale nationale autonome (CENA) a relevé un défi logistique majeur. Le déploiement du matériel électoral sur l’ensemble du territoire s’est déroulé dans les délais, illustrant l’efficacité de l’appareil administratif sous contrainte.

La société civile, fortement mobilisée, a joué un rôle central. Des milliers d’observateurs issus d’organisations citoyennes et de plateformes de veille ont sillonné les douze départements du pays, contribuant à la transparence du processus électoral, de l’ouverture des bureaux de vote jusqu’au dépouillement.

Un prélude maîtrisé à la présidentielle d’avril

Si la participation a semblé modérée dans certaines zones urbaines, les analystes y voient une lecture stratégique de l’agenda politique par les électeurs. Le scrutin du 11 janvier est perçu comme une étape de consolidation, un prologue apaisé avant l’échéance présidentielle d’avril 2026, véritable point focal de la vie politique nationale.

Au-delà du symbole démocratique, cette stabilité retrouvée constitue également un signal économique fort. Pour les partenaires techniques et financiers, la capacité d’un État à préserver ses processus démocratiques après une crise sécuritaire est un indicateur clé de crédibilité et de fiabilité.

En évitant le scénario d’une transition incertaine, le Bénin conforte sa signature souveraine et renforce son attractivité au sein de l’UEMOA. Une constance institutionnelle qui rassure les marchés et offre un socle solide à la poursuite des grands chantiers de développement.

Ljp

Équipe LeJourPile

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