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À l’ouverture de la nouvelle législature, le lundi 19 janvier 2026, les députés indépendants ont choisi de rompre avec l’isolement parlementaire. Refusant également de rallier les groupes constitués par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire: Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), forts respectivement de 196 et 31 sièges après les législatives de décembre 2025, ces élus ont opté pour la structuration de groupes parlementaires autonomes.
Ces parlementaires, issus pour l’essentiel de personnalités sans étiquette politique, mais aussi de formations comme l’Union pour la République (UNPR) et le mouvement Le Buffle, entendent désormais peser collectivement dans les débats de l’hémicycle et dans l’examen des textes de loi.
L’un des projets les plus avancés est porté par Stéphane Kipré, ancien vice-président exécutif du PPA-CI chargé de l’implantation, élu indépendant dans la circonscription de Gboguhé et Zahibo. Il conduit la création du groupe parlementaire « Agir », dont l’accord de constitution a déjà été conclu, selon des sources parlementaires, en attendant sa reconnaissance formelle. Ce groupe devrait notamment rassembler Diby Kokora Bernard, vice-président du Front populaire ivoirien (FPI) et député d’Andé, Assié-Koumassi et N’Guessankro, Ange Gnonka, député de Guéhiébly, ainsi que Léandre Koffi, député de Yamoussoukro sous-préfecture.
Parallèlement, une autre dizaine de députés indépendants a saisi le Secrétariat général de l’Assemblée nationale pour la création d’un second groupe parlementaire. Baptisé « Solidarité », ce regroupement est à l’initiative de l’ancien ministre Anzoumana Moutayé, député de la circonscription de Boahia-Kouassi-Datékro. Les membres ont, à l’unanimité, désigné Guillaume Gbato, député de Daleu, Danané, Gbon-Houyé, Kouan-Houlé et Seileu, pour en assurer la présidence. L’information a été rendue publique par l’intéressé sur les réseaux sociaux le mercredi 21 janvier 2026.
Cette recomposition s’inscrit dans un contexte particulier marqué par la situation des députés dits « indépendants-RHDP », cadres du parti au pouvoir élus en marge des choix officiels de leur formation. Des noms tels que Yaya Méité dit Ape, Ballo Nouho dit Nabil Ballo, Alahassane Diakité, Bemitian Ouattara ou encore Soumaila Diarrassouba figurent parmi les élus concernés. Si certaines sources évoquent un refus de leur intégration au groupe parlementaire RHDP par le président du parti, Alassane Ouattara, leur ralliement à d’autres groupes reste incertain.
À l’approche de la rentrée parlementaire et après l’élection de Patrick Achi à la tête de l’Assemblée nationale, les discussions se poursuivent afin de finaliser la configuration des groupes qui animeront les travaux législatifs du quinquennat 2026-2030.
Par rapport à la législature précédente, dominée par trois groupes parlementaires, l’Assemblée nationale ivoirienne comptera désormais quatre groupes parlementaires, marquant une recomposition notable du paysage politique parlementaire.
Ljp
Source : Soir Info
