• mar. Mar 17th, 2026

Les Zinzins du Bonheur: de la solidarité à la transformation, immersion au cœur d’une mission à Nandibo 2

ByÉquipe LeJourPile

Mar 17, 2026

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De l’aube bruyante d’Abidjan aux sourires lumineux de Nandibo 2, reportage au cœur d’une action solidaire qui change concrètement la vie des élèves.

À l’aube du samedi 14 mars 2026, Abidjan s’éveille, une mission prend forme

Il est un peu plus de 6 heures du matin, à Abidjan, précisément aux abords de Shell Banco, non loin de l’entrée du Zoo. La ville, encore enveloppée d’une fraîcheur relative, s’ébroue lentement. Les premiers klaxons percent le silence, les vendeuses installent leurs étals, et les taxis commencent leur ballet quotidien.

Mais ce matin-là n’est pas tout à fait comme les autres.

Sous les regards curieux de quelques passants, un groupe d’hommes et de femmes s’affaire autour de véhicules stationnés. Des salutations chaleureuses fusent, des accolades s’échangent. L’énergie est palpable.

Ce sont les membres de Les Zinzins du Bonheur. Direction : Nandibo 2, un village situé dans la localité de Grand-Lahou. L’objectif est bien défini : procéder à la remise officielle de tables-bancs à l’école primaire publique du village.  Mais au-delà du geste, c’est toute une histoire de fidélité, d’engagement et d’humanité qui se met en mouvement.

Sur la route de Grand-Lahou : entre discussions et espoir

Peu après 7 heures, le convoi s’ébranle. Les véhicules quittent progressivement l’effervescence d’Abidjan pour s’engager sur l’axe menant vers Grand-Lahou. À bord, l’ambiance est conviviale. On échange, on plaisante, mais on parle aussi du projet. Des souvenirs refont surface : la première visite en 2021, les conditions difficiles de l’école, l’accueil du village, etc.

Le paysage change sans prévenir. Le tumulte urbain s’efface, remplacé par une mer de verdure où s’alignent les palmiers à huile. La route, lisse et rapide, donne presque envie d’accélérer… au risque d’oublier la prudence. Les villages défilent, silencieux témoins du passage. À chaque kilomètre, Nandibo 2 se rapproche. Et avec lui, une conviction grandit : ce voyage n’est pas comme les autres.

Nandibo 2 : un accueil à la hauteur de l’attente

À l’arrivée, l’ambiance change immédiatement.

À Nandibo 2, la nouvelle s’est répandue. La population est mobilisée. Hommes, femmes, enfants, notabilité, tous sont présents. Des regards curieux, mais surtout reconnaissants. Des sourires francs. Des salutations respectueuses. Ici, Les Zinzins du Bonheur ne sont pas des inconnus. Ils sont attendus. Presque comme des membres de la famille. Depuis 2021, les liens se sont tissés. Et ce jour marque une nouvelle étape.

Une école transformée, pierre après pierre

Difficile d’imaginer, en observant les lieux, qu’il y a quelques années, l’école était en état de délabrement avancé. Le récit est connu, mais il mérite d’être rappelé. Tout a commencé par une simple distribution de kits scolaires. Puis, face à l’état critique de l’établissement, une décision est prise : agir.

Depuis :

  • six salles de classe ont été réhabilitées,

  • trois nouvelles classes ont été construites,

  • des latrines ont été installées,

  • des points d’eau ont été mis en place.

Aujourd’hui, l’étape consiste à équiper ces classes.

Le moment clé : la remise des 90 tables-bancs

Sous un soleil désormais bien installé, la cérémonie peut commencer. Les discours s’enchaînent, mais tous convergent vers une même réalité : celle d’un changement concret. Les 90 tables-bancs, déjà livrés en amont pour ne pas perturber la rentrée scolaire, sont officiellement remis. Dans les regards des élèves, quelque chose a changé. Ils ne sont plus simplement spectateurs. Ils sont bénéficiaires.

« Aujourd’hui, je suis un directeur heureux »

Le directeur de l’école, Toan Bi Ouélé, ne cache pas son émotion. Sa voix traduit à la fois le soulagement et la reconnaissance. Avant, les élèves s’entassaient. Apprendre relevait parfois du défi. Aujourd’hui, les conditions sont réunies pour enseigner correctement. Un détail ? Non. Une transformation.

Une communauté soulagée

Même satisfaction du côté du président du COGES, Paul Kouassi. Il évoque sans détour les difficultés passées : plusieurs élèves par banc, inconfort, manque d’attention. Ce don vient corriger une réalité qui freinait l’apprentissage. Surtout, il redonne espoir aux parents.

Le président de l’association Les ZinZins du Bonheur, Dr Amichia Magloire(à gauche), en compagnie de du président du comité d’organisation de la cérémonie, Aboubacar Soukouna.

« Boucler la boucle » : la vision des Zinzins du Bonheur

Pour Amichia Magloire, président de l’association Les Zinzins du Bonheur, cette étape est symbolique. Elle marque l’aboutissement d’un processus engagé depuis plusieurs années: Kits scolaires, réhabilitation, construction, puis équipement. Une approche structurée, pensée pour durer.

Une mission, mais surtout une continuité

Cette action à Nandibo 2 n’est pas une fin. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large. Pour la seule année scolaire en cours : 61 écoles visitées, près de 7 000 kits distribués et déjà, de nouveaux projets se dessinent, notamment dans le nord du pays.

Au-delà des infrastructures : une éducation à l’hygiène

L’impact ne se limite pas aux bâtiments. Grâce aux installations sanitaires et aux points d’eau, les élèves apprennent désormais les gestes d’hygiène essentiels. Se laver les mains après les toilettes, entretenir les installations: des habitudes simples, mais cruciales.

Nandibo 2, symbole d’un modèle réussi

Au final, Nandibo 2 apparaît comme un exemple. Celui d’une collaboration réussie entre une association engagée et une communauté réceptive. Aussi, celui d’un projet mené étape par étape, jusqu’à produire des résultats visibles, ainsi que celui d’un espoir concret : voir chaque enfant, où qu’il soit, apprendre dans des conditions dignes.

Le temps du partage : un repas aux saveurs locales

Après l’effort, le réconfort. La cérémonie laisse place à un moment tout aussi important : le repas. Offert par le village, il est bien plus qu’un simple moment de restauration, un temps de communion, où des plats locaux sont partagés dans une ambiance chaleureuse. Les rires fusent, les discussions se prolongent, les barrières tombent. Ici, donateurs et bénéficiaires ne font plus qu’un.

Le retour : entre fatigue et satisfaction

En début d’après midi, il est temps de reprendre la route. Le convoi quitte Nandibo 2, sous les salutations des habitants. Dans les véhicules, l’ambiance est différente de celle du matin. Plus calme, plus introspective.  Sur la route du retour vers Abidjan, chacun repense à la journée. Notamment aux sourires, aux regards et aux mots de gratitude. La fatigue se fait sentir, mais elle est largement compensée par le sentiment du devoir accompli à Nandibo 2. Cette partie de la Côte d’Ivoire qui, plus qu’un village est un symbole.

Loba Perez