• lun. Fév 16th, 2026

L’inclusion au cœur du débat : la Chambre africaine de l’énergie interpelle l’industrie pétrolière

ByÉquipe LeJourPile

Fév 16, 2026

👁 8,238 vues

Alors que l’industrie pétrolière et gazière africaine connaît une phase d’expansion stratégique, la Chambre africaine de l’énergie (AEC) appelle à des investissements fondés sur l’inclusion et le respect du potentiel local. Depuis Johannesburg, l’organisation plaide pour un développement énergétique qui bénéficie pleinement aux Africains et dénonce toute pratique jugée discriminatoire dans le secteur.

Johannesburg, 16 février 2026. Dans un contexte international marqué par la montée des mouvements anti-énergies fossiles en Occident, la Chambre africaine de l’énergie monte au créneau pour défendre le rôle central du pétrole et du gaz dans le développement économique du continent. Pour l’organisation, les restrictions jugées excessives contre les hydrocarbures ne fragilisent pas seulement les entreprises du secteur, mais compromettent également les recettes fiscales essentielles au financement des infrastructures, de l’éducation et des services publics.

L’AEC estime que l’Afrique ne peut se permettre de reproduire les politiques de désengagement observées dans certains pays occidentaux. Selon elle, le soutien à l’industrie pétrolière et gazière reste un levier incontournable de souveraineté économique. L’organisation insiste sur la nécessité de préserver un cadre fondé sur les principes du libre marché, soutenu par une réglementation claire, des procédures d’autorisation efficaces et une application cohérente des lois afin d’attirer capitaux locaux et investissements étrangers.

L’énergie africaine au service des Africains

Au-delà de la défense du secteur face aux critiques internationales, la Chambre place au centre du débat la question du contenu local. Pour de nombreux citoyens africains, l’enjeu n’est pas seulement la production d’hydrocarbures, mais la création d’emplois et d’opportunités concrètes pour les talents du continent.

L’organisation reconnaît les progrès réalisés ces dernières années. Des entreprises comme Seplat Energy, Oando ou encore Etu Energias illustrent, selon elle, l’émergence d’un leadership africain issu de parcours construits au sein de grandes compagnies internationales. Dans plusieurs pays – de l’Angola au Sénégal, en passant par le Nigeria ou la Tanzanie – des régulateurs nationaux ont encouragé l’intégration des compétences locales dans la chaîne de valeur pétrolière.

Pour la Chambre, cette dynamique doit être consolidée. « Attendre de l’industrie qu’elle crée des emplois pour les Africains n’est pas radical, c’est juste », soutient-elle, rappelant que l’inclusion constitue un pilier de la croissance durable.

Des accusations de pratiques discriminatoires

Malgré ces avancées, l’AEC exprime de vives préoccupations concernant certaines pratiques qu’elle juge contraires aux principes d’équité. Elle cite notamment le Frontier Energy Network, accusé d’exclure des professionnels noirs de ses opportunités d’emploi. Son dirigeant, Daniel Davidson, est directement mis en cause dans le communiqué.

La Chambre estime qu’aucune organisation opérant sur les marchés africains ne peut prétendre bénéficier des ressources, des licences et du soutien des gouvernements du continent tout en refusant un accès équitable aux talents locaux. Elle interpelle également les organisateurs de l’Africa Energies Summit, appelés à démontrer un engagement clair en faveur d’un recrutement inclusif.

Dans cette logique, l’AEC évoque la possibilité d’un boycott « ciblé, légal et sélectif » à l’encontre des institutions qui persisteraient dans des pratiques jugées discriminatoires. Les entreprises partenaires, investisseurs et organisateurs d’événements sont invités à assumer leur responsabilité dans la promotion d’une industrie équitable.

Un choix stratégique pour l’avenir du secteur

Pour la Chambre africaine de l’énergie, l’enjeu dépasse la seule question morale. L’exclusion, affirme-t-elle, risque d’affaiblir la crédibilité d’un secteur déjà confronté à des pressions internationales croissantes. Ignorer les préoccupations des professionnels africains pourrait offrir des arguments supplémentaires aux opposants aux hydrocarbures.

L’organisation annonce l’ouverture, dans les prochaines semaines, d’un dialogue avec des responsables gouvernementaux et des dirigeants du secteur afin d’obtenir des engagements formels en faveur de l’égalité des chances. À défaut de progrès, elle affirme se réserver le droit d’engager des actions de protestation.

Tout en réaffirmant que l’industrie pétrolière et gazière demeure essentielle pour lutter contre la pauvreté énergétique et renforcer la sécurité énergétique mondiale, la Chambre insiste : l’avenir énergétique de l’Afrique ne peut être bâti sur l’exclusion. Investissement, opportunités et inclusion doivent, selon elle, constituer les trois piliers d’un développement durable et souverain du secteur sur le continent.

Lejourpile

Équipe LeJourPile