👁 9,937 vues
Les forces armées maliennes (FAMa) ont conduit, le jeudi 6 novembre 2025, plusieurs frappes aériennes d’appui en protection d’un convoi de carburant circulant sur l’axe Kadiana–Bougouni, dans la région de Sikasso, au sud du pays.
Selon un communiqué de l’État-Major général des armées, les opérations ont ciblé avec succès des positions identifiées comme terroristes dans les localités de Donièna, Kouen et Bessina, situées dans le cercle de Kolondièba, une zone stratégique reliant les corridors d’approvisionnement depuis la Côte d’Ivoire et la Guinée.
L’objectif de ces frappes, précise le communiqué, est d’assurer la sécurité des convois de camions-citernes et de garantir la continuité de l’approvisionnement en hydrocarbures sur le territoire national.
Cette opération intervient dans un contexte de forte tension économique et sécuritaire, marqué par une pénurie persistante de carburant. Depuis début septembre, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a revendiqué un blocus sur les importations de diesel et d’essence à destination du Mali, multipliant les attaques contre les convois routiers.
Le 15 septembre dernier, un convoi de plus de 100 camions avait été la cible d’une embuscade dans le sud du pays, entraînant l’incendie de plusieurs dizaines de citernes. Cet épisode avait provoqué une aggravation immédiate des pénuries, visibles à Bamako et dans plusieurs régions, où les files d’attente devant les stations-service se sont considérablement allongées.
Pour contrer cette stratégie de déstabilisation économique, les autorités maliennes ont renforcé la surveillance aérienne et l’escorte militaire des transports pétroliers, notamment dans la région frontalière de Sikasso, considérée comme un couloir vital pour l’importation d’hydrocarbures.
Les frappes aériennes du 6 novembre s’inscrivent ainsi dans une riposte coordonnée visant à neutraliser les menaces et à sécuriser les routes d’approvisionnement.
Les conséquences économiques du blocus se font déjà sentir sur le plan national. Plusieurs établissements scolaires ont dû fermer temporairement à cause des difficultés de mobilité du personnel et des élèves. Ces mesures d’urgence, annoncées par les autorités le 27 octobre 2025, doivent durer deux semaines, le temps de rétablir un minimum de fluidité dans le transport.
Dans un contexte de pression logistique et de tension énergétique, le gouvernement malien affirme vouloir stabiliser durablement l’approvisionnement en carburant et renforcer la sécurité sur les axes stratégiques du sud.
Une mission considérée comme prioritaire par Bamako, alors que les groupes armés cherchent à affaiblir l’État malien par la guerre économique et le sabotage des flux commerciaux essentiels.
Cissé Maïga
