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Mali : le gouvernement renforce ses alliances avec l’Iran et la Chine

ByÉquipe LeJourPile

Fév 24, 2026

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Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a reçu successivement les nouveaux ambassadeurs d’Iran et de Chine à Bamako. Ces audiences traduisent la volonté des autorités de diversifier leurs partenariats internationaux dans un contexte de recomposition géopolitique et de redéfinition des alliances.

Le 23 février 2026, la primature malienne a servi de cadre à deux audiences diplomatiques successives. Le chef du gouvernement, le général Abdoulaye Maïga, a accueilli le nouvel ambassadeur de la République islamique d’Iran, Mahmoud Khani Jooyabad, puis celui de la République populaire de Chine, Li Xiang.

Ces visites de courtoisie marquent la prise de fonction officielle des deux diplomates. Mais au-delà du protocole, elles illustrent une orientation stratégique assumée par Bamako : la diversification de ses partenariats extérieurs.

Vers un renforcement des liens avec Téhéran

Avec l’Iran, les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération bilatérale dans des domaines clés. Les échanges ont notamment évoqué la collaboration politique, sécuritaire et technologique.

Le diplomate iranien a exprimé la volonté de son pays de dynamiser les relations avec le Mali, mais également avec la Confédération des États du Sahel, cadre régional auquel Bamako accorde une importance croissante.

Parmi les pistes évoquées figure la création d’une commission mixte Iran–Mali. Cette structure permettrait d’organiser et de planifier les projets communs, notamment dans les secteurs de la défense, de la sécurité et du transfert de technologies.

Les autorités maliennes ont réaffirmé leur disponibilité à travailler avec des partenaires qu’elles estiment respectueux de la souveraineté nationale. Cette notion de souveraineté constitue désormais un axe central du discours diplomatique malien.

Une coopération sino-malienne déjà structurée

La rencontre avec l’ambassadeur de Chine s’inscrit, quant à elle, dans une relation déjà solidement établie. Les liens entre Bamako et Pékin se sont intensifiés au fil des décennies, notamment sur les plans économique et militaire.

En septembre 2024, les relations bilatérales ont franchi une nouvelle étape avec leur élévation au rang de partenariat stratégique, à l’occasion d’une rencontre entre les chefs d’État à Pékin. Ce statut traduit l’importance accordée par les deux pays à leur coopération.

La Chine intervient dans plusieurs secteurs structurants au Mali : infrastructures, agriculture, santé et sécurité. Elle participe à la réalisation de projets de développement majeurs et demeure un partenaire clé dans la modernisation des équipements.

La coopération militaire entre les deux pays remonte aux années 1970, témoignant d’une relation ancienne et continue. Aujourd’hui, cette collaboration s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des capacités nationales.

Une recomposition des alliances

Ces audiences interviennent dans un contexte particulier. Depuis 2022, les relations du Mali avec plusieurs partenaires occidentaux se sont reconfigurées. Le retrait progressif des forces françaises et la réduction de certains dispositifs européens ont modifié l’équilibre des partenariats traditionnels.

Face à cette nouvelle donne, Bamako a entrepris de diversifier ses alliances. Les échanges se sont intensifiés avec des puissances asiatiques et moyen-orientales, dans une logique de repositionnement stratégique.

Cette orientation s’inscrit dans une volonté d’élargir les marges de manœuvre diplomatiques du pays. En multipliant les partenariats, les autorités maliennes cherchent à consolider leur autonomie décisionnelle et à sécuriser de nouveaux appuis économiques et sécuritaires.

Une diplomatie tournée vers la souveraineté

À travers ces rencontres, le gouvernement malien affiche une diplomatie active et pragmatique. L’objectif est d’attirer des partenaires capables de contribuer au développement national tout en respectant les priorités souveraines du pays.

La diversification des alliances n’exclut pas les relations existantes, mais elle traduit une adaptation aux réalités géopolitiques actuelles. Dans un environnement international marqué par la compétition d’influence, Bamako cherche à équilibrer ses relations et à renforcer sa position.

Les audiences accordées aux ambassadeurs d’Iran et de Chine symbolisent cette stratégie. Elles confirment la volonté du Mali d’élargir son réseau diplomatique et de consolider des partenariats jugés stratégiques pour son avenir politique, économique et sécuritaire.

Dans un contexte de recomposition mondiale, la diplomatie malienne poursuit ainsi sa mue, misant sur la diversification pour affirmer sa souveraineté et soutenir ses ambitions de développement.

Ljp

Équipe LeJourPile