Site icon lejourpile.com

Mali : l’État crée la Société de Patrimoine minier pour renforcer le contrôle des participations publiques

Mali : l’État crée la Société de Patrimoine minier pour renforcer le contrôle des participations publiques

Le Conseil des ministres du Mali a adopté, le vendredi 6 février 2026, les projets de textes portant création de la Société de Patrimoine minier du Mali (SOPAMIM S.A.), une société anonyme dont le capital est détenu à 100 % par l’État. La nouvelle entité aura pour mission de gérer les participations publiques dans les sociétés minières opérant sur le territoire national.

Réuni au Palais de Koulouba sous la présidence du chef de l’État, le Conseil des ministres a examiné ces textes sur rapport du ministre de l’Économie et des Finances. La création de la SOPAMIM s’inscrit dans la mise en œuvre de la Loi n°2023-040 du 29 août 2023 portant Code minier, qui prévoit un renforcement du rôle de l’État dans le secteur extractif.

Selon les dispositions adoptées, la SOPAMIM sera chargée de détenir, d’administrer et de valoriser les participations de l’État dans les sociétés minières, de prendre des participations stratégiques dans de nouveaux projets et d’assurer le portage des intérêts des acteurs nationaux. Elle aura également pour vocation de centraliser la gestion du patrimoine minier public, jusque-là répartie entre plusieurs structures administratives.

Le secteur minier demeure un pilier de l’économie malienne. Il représente plus de 75 % des exportations, environ 25 % des recettes budgétaires et près de 10 % du produit intérieur brut, selon les chiffres officiels. Le Mali figure par ailleurs parmi les principaux producteurs d’or en Afrique, avec une production annuelle dépassant 70 tonnes ces dernières années.

La réforme du Code minier de 2023 a relevé la participation de l’État dans les sociétés minières à des niveaux pouvant atteindre 30 %, incluant des participations gratuites et des options d’acquisition supplémentaires. La SOPAMIM constitue ainsi l’outil opérationnel chargé d’assurer le suivi et la sécurisation des intérêts financiers de l’État dans le secteur.

Les autorités estiment que cette centralisation permettra d’améliorer la traçabilité des revenus miniers, de renforcer la gouvernance et d’optimiser la coordination entre les acteurs publics. Les modalités de gouvernance, de contrôle et de reddition des comptes de la SOPAMIM devront être précisées par des textes d’application.

Dans un contexte régional marqué par une montée en puissance des États dans la gestion des ressources naturelles, la création de la SOPAMIM traduit la volonté du Mali de mieux valoriser son patrimoine minier, secteur clé pour la stabilité budgétaire et les équilibres macroéconomiques du pays.

Ljp

Équipe LeJourPile

Quitter la version mobile