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Mali : une nouvelle phase nationale du DDR-I lancée après la fin de l’Accord d’Alger

ByÉquipe LeJourPile

Nov 22, 2025

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Le Mali a lancé, le 20 novembre 2025, une nouvelle phase de désarmement, démobilisation, réinsertion et intégration (DDR-I). Il s’agit de la première opération menée exclusivement par l’État depuis le retrait de la MINUSMA et la fin officielle de l’Accord d’Alger. Cette étape initiale concerne deux mille ex-combattants issus des régions du nord et du centre, dans un contexte de réorganisation institutionnelle amorcée depuis 2024.

Cette nouvelle séquence marque une rupture avec les dispositifs précédemment appuyés par les Nations unies. La mission onusienne, dont le retrait s’est achevé le 31 décembre 2023, avait longtemps accompagné le processus de DDR. Le gouvernement malien a depuis restructuré la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion ainsi que la Commission nationale d’intégration, à travers des décrets publiés en juin 2024. Ces réformes ont étendu leurs prérogatives à l’ensemble du territoire et redéfini les critères d’intégration et de réinsertion des ex-combattants.

La cohorte de deux mille bénéficiaires s’inscrit dans une stratégie graduelle, contrastant avec les projets antérieurs qui évoquaient l’intégration de 26 000 ex-combattants en deux vagues. Cette démarche progressive doit permettre d’évaluer la capacité des structures nationales à conduire un programme de DDR-I élargi, sans appui opérationnel extérieur, dans un environnement institutionnel renouvelé.

Le déploiement de cette étape implique l’administration locale, les autorités traditionnelles ainsi que les représentants des groupes armés ou d’autodéfense concernés. Ils participent aux opérations d’identification, de sensibilisation et d’orientation des bénéficiaires, leur rôle étant jugé essentiel en raison de leur proximité avec les communautés et de leur connaissance du terrain.

Plusieurs enjeux opérationnels demeurent au cœur du dispositif : contrôle de l’identité des candidats, gestion des armes remises, sécurisation des sites de cantonnement et définition de parcours de réinsertion socioéconomique ou militaire. Le suivi post-démobilisation constitue également un point d’attention, les précédentes expériences ayant souvent montré sa fragilité.

Cette phase intervient dans un contexte sécuritaire marqué par des affrontements persistants, la circulation d’armes légères et la présence de groupes armés aux configurations variables. Elle s’inscrit dans les efforts nationaux visant à stabiliser les régions affectées et à renforcer le rôle de l’État dans ces zones.

La réussite de cette première séquence conditionnera l’extension du mécanisme à d’autres localités et groupes armés. Les performances des structures réorganisées seront particulièrement observées dans les prochains mois, afin d’évaluer la solidité opérationnelle du dispositif et son potentiel de mise à l’échelle.

Ljp

Équipe LeJourPile