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Avant la suspension annoncée pour le 1er août 2026, la filière mangue avait déjà enregistré plusieurs interceptions de cargaisons en Europe. Alors que le gouvernement promet 3,5 milliards de FCFA pour sécuriser la prochaine campagne, la question de l’efficacité des mesures antérieures reste centrale.
La crise de la mangue ivoirienne était-elle prévisible ? Les éléments publiquement disponibles montrent que les difficultés phytosanitaires avaient fait l’objet d’alertes bien avant la conférence de presse du ministre Bruno Nabagné Koné, le 15 octobre 2026.
En mai, des médias ivoiriens rapportaient déjà 14 interceptions notifiées au 8 mai, puis 19 cargaisons interceptées dans le cadre de la campagne en cours. Des mesures urgentes avaient été prises pour limiter les exportations des opérateurs concernés. Le ministre a ensuite fait état de 27 lots interceptés sur l’ensemble de la campagne 2026, contre 12 en 2025 et 32 en 2024.
La succession de ces chiffres souligne la nécessité de disposer d’un bilan officiel détaillé : nombre de lots expédiés, motifs d’interception, opérateurs concernés et résultats des contrôles réalisés après les premières alertes.
Un problème de contrôle déjà signalé
Dans son compte rendu de septembre 2025, la Commission européenne avait identifié, à l’issue d’audits concernant notamment la Côte d’Ivoire, des difficultés dans la vérification de l’approche systémique, le suivi des observations de terrain et les mesures prises face aux non-conformités.
Ce constat ne signifie pas que chaque interception de 2026 résulte d’une défaillance administrative. Il montre néanmoins que le renforcement des contrôles constituait déjà un enjeu identifié.
Le gouvernement annonce désormais 3,5 milliards de FCFA pour traiter les 20 000 hectares du verger national, plus de trois millions de pièges et un système de traçabilité des expéditions. Ces mesures devront être évaluées sur le terrain.
Les producteurs attendent des résultats
La filière fait vivre, selon les chiffres présentés par le ministre, environ 100 000 personnes. Pourtant, le discours ne chiffre pas précisément les pertes liées à la suspension, les contrats compromis ni les éventuelles mesures d’accompagnement des producteurs et des entreprises affectés.
L’exclusion de 15 exportateurs et de neuf stations de conditionnement appelle également une information transparente sur les critères appliqués et les voies de recours.
La campagne 2027 sera décisive. Mais la confiance ne se rétablira pas par les seules annonces : elle dépendra de contrôles vérifiables, d’une traçabilité effective et de résultats suffisamment solides pour convaincre les autorités européennes.
Loba Perez
