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Dans l’air encore frais du matin, les drapeaux ivoirien et turc flottent côte à côte ce mardi 24 juin à l’entrée du tout nouveau Parc des Expositions de Port-Bouët, une commune d’Abidjan. À l’intérieur, des stands aux couleurs éclatantes s’alignent comme un petit monde en miniature : robots chirurgicaux dernier cri, scanners portatifs, et fauteuils médicaux intelligents attirent déjà les regards curieux des premiers visiteurs. Ici, bat le cœur de la première édition du Medical Expo & Forum, un rendez-vous inédit où la technologie, la diplomatie et la santé s’entrelacent.
Plus de 200 exposants venus de 15 pays — dont une impressionnante délégation turque — ont fait le déplacement pour cette grand-messe de la santé. Dans les travées du salon, on croise des ingénieurs biomédicaux, des chirurgiens, des représentants d’administrations hospitalières et même quelques jeunes étudiants en blouse blanche, carnet à la main.
À la tribune, Charles Koffi, directeur de cabinet du ministère ivoirien de la Santé, prend la parole. D’un ton mesuré mais ferme, il plante le décor : « Cet événement est une opportunité. Une opportunité pour bâtir un système de santé moderne, accessible, résilient… en phase avec les réalités de notre région. », indique-t-il.
Dans la salle, les applaudissements se mêlent aux éclats de voix traduits en simultané pour les invités internationaux.
Quelques minutes plus tard, c’est l’ambassadrice de Turquie en Côte d’Ivoire, Deniz Erdogan Barim, qui prend le relais. Elle parle d’un ton chaleureux, presque complice : « Le Medical Expo, ce n’est pas seulement un salon. C’est un pont. Un pont entre nos peuples, entre nos hôpitaux, entre nos solutions. »
Et ce pont existe déjà dans les faits : des centaines de patients ivoiriens se rendent chaque année en Turquie pour des soins spécialisés. Kemal Sahin, directeur de la société turque Eskepotur, en témoigne : « Nos hôpitaux accueillent régulièrement des Ivoiriens. Ce lien médical est réel, humain, et c’est ce que nous voulons renforcer ici. »
Dans les allées, Ibrahim Demir, directeur pays d’ATLM, fait une pause devant une borne de télémédecine lors d’une visite de stands et souligne: « La santé n’a pas de frontières. Elle doit être un bien partagé. Et c’est ce que ce forum incarne. »
Durant trois jours, médecins, industriels et décideurs échangeront sur l’intelligence artificielle au service de la médecine, la cybersécurité des systèmes hospitaliers, ou encore la gestion des données de santé en Afrique. Un vaste chantier, mais aussi une ambition : faire de la Côte d’Ivoire un pôle régional de santé numérique. Les visiteurs emportent bien plus que des prospectus ou des cartes de visite. Notamment avec à l’idée l’idée qu’un autre avenir médical est possible, un avenir tissé de coopération, d’innovation, et de solidarité.
Loba Perez
