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« Trop, c’est trop ! » Ce cri résonnait dans les rues parisiennes ce samedi 30 août, porté par des centaines de femmes ivoiriennes venues dénoncer la candidature d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat présidentiel.
En foulant les pavés de la capitale française, les manifestantes exprimaient une colère nourrie de frustration et d’inquiétude pour l’avenir de leur pays.
Rassemblées dès 15 heures à la place d’Estienne d’Orves, elles ont marché trois kilomètres jusqu’au Conseil constitutionnel. Banderoles colorées, foulards aux couleurs des partis d’opposition, chants et tambours rythmaient une marche où la détermination se lisait dans chaque visage.
« Il a violé la Constitution en faisant trois mandats. Maintenant, il veut un quatrième. Nous disons stop », lançait avec vigueur Célestine Kipré, membre du PPA-CI et présidente du comité d’organisation.
Dans la foule, les slogans reprenaient en écho : « Respect de la Constitution ! », « Pas de 4ᵉ mandat ! », « Élections inclusives maintenant ! ».
Pour ces femmes, il ne s’agit pas seulement de dénoncer un abus de pouvoir, mais de défendre un principe fondamental : celui de l’alternance démocratique. « Nous demandons que tous les leaders politiques, de Laurent Gbagbo à Tidjane Thiam, puissent participer au scrutin », insistait Irma Adja Laurence, de l’Union des Femmes du PDCI.
L’opposition, réunie au sein d’un Front commun, promet d’intensifier les actions de contestation. Après la marche réussie du 9 août à Yopougon, cette mobilisation parisienne donne un souffle nouveau à la lutte de la diaspora.
« Nous ne sommes pas dans la résignation. Nous allons continuer », a affirmé Pascal Logbo, représentant du Front commun en France.
Son discours, ponctué de comparaisons avec les luttes récentes au Burkina Faso, au Mali et au Niger, galvanisait les participantes. « Si nos voisins se sont battus pour leur souveraineté, pourquoi pas nous ? », lançait-il.
La France, elle, reste silencieuse. Une attitude vécue comme une complicité par nombre de manifestantes. « Ils défendent leurs intérêts, mais nous, nous voulons survivre », martelait Logbo.
À l’approche de 2025, les tensions s’exacerbent. Mais à Paris comme à Abidjan, l’opposition entend faire entendre sa voix : « Ce combat, c’est pour que la Côte d’Ivoire revienne aux Ivoiriens », conclut une manifestante en levant le poing.
LJP
