Ils étaient environ 150 à avoir embarqué, une nuit d’août, avec l’espoir d’atteindre l’Europe. Ils sont aujourd’hui pour la plupart portés disparus. Au large de Lemhaisrat, en Mauritanie, une pirogue remplie de migrants a chaviré le 27 août. Bilan : plus de 100 morts probables, dont des dizaines de jeunes Gambiens et Sénégalais.
Soixante-dix corps ont été repêchés ou rejetés par les vagues, tandis que seulement 16 personnes ont survécu. Les autorités locales, aidées par la Croix-Rouge et les forces de sécurité, ont procédé à des enterrements rapides. Des images insoutenables circulent sur les réseaux sociaux : des dépouilles alignées sur la plage, symboles de cette route meurtrière.
Quelques heures plus tard, un second bateau parti du Sénégal a été intercepté. Ses passagers, parmi lesquels cinq Gambiens, ont eu plus de chance. Ils sont désormais pris en charge par l’ambassade gambienne et l’OIM.
Face à cette tragédie, Banjul exhorte ses jeunes à renoncer à ces voyages de la mort. Mais le désespoir reste plus fort que la peur : chômage massif, pauvreté, rêves brisés poussent chaque année des milliers de personnes à risquer leur vie sur l’Atlantique.
Selon l’OIM, plus de 2 400 migrants ont péri en 2022 sur les routes de la Méditerranée et de l’Atlantique. Derrière ces chiffres, ce sont des destins brisés, des familles endeuillées, et une question qui persiste : combien de naufrages faudra-t-il encore avant que l’Europe et l’Afrique trouvent ensemble une alternative aux départs clandestins ?
LJP

