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Deux ans jour pour jour après le renversement du président Mohamed Bazoum, le général Abdourahamane Tiani, à la tête du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), a pris la parole dans un message solennel à la nation, le vendredi 25 juillet. Le ton était ferme, déterminé, presque défiant. Le chef de l’État a dressé le bilan d’un pouvoir qu’il veut souverain, résilient et centré sur les intérêts du peuple nigérien.
« Ce que nous avons choisi n’est pas la facilité, c’est la voie de la dignité », a martelé Tiani, revenant sur ce qu’il qualifie de rupture salutaire avec l’ordre ancien. Une rupture qu’il justifie par un impératif historique : libérer le Niger des tutelles économiques et politiques qui, selon lui, ont trop longtemps freiné son développement.
Sans détour, le général a dénoncé les pressions internationales exercées sur le pays depuis le coup d’État, évoquant des « forces coalisées » qui mêleraient attaques terroristes, manipulations économiques et guerres informationnelles pour tenter d’asphyxier le régime. Des manœuvres qui, loin de l’ébranler, renforcent sa conviction : « L’émancipation a un prix. Le Niger a choisi de le payer. »
Face aux difficultés économiques et aux tensions sécuritaires, Tiani a salué l’endurance du peuple. Il a mis en avant plusieurs avancées institutionnelles nées des Assises de la refondation, tenues en février 2025, notamment la Charte du 26 mars qui lui a conféré un mandat de cinq ans renouvelables. Dans cette nouvelle architecture, la Cour d’État, la Cour des comptes et le Conseil consultatif de la refondation sont présentés comme les symboles d’un État repensé, plus ancré dans les réalités locales.
Le chef de l’État s’est également félicité des progrès agricoles, affirmant que le Niger avait, pour la première fois, traversé la saison sèche sans période de soudure grâce au programme de « Grande Irrigation ». Un succès qu’il attribue à la solidarité nationale, matérialisée par les contributions au Fonds pour la sauvegarde de la patrie.
Politiquement, l’heure est au choix, selon Tiani : revenir à un modèle soumis aux injonctions extérieures, ou poursuivre dans la voie de la souveraineté et de la refondation. Pour lui, la ligne est claire : « Ce projet de rupture est le seul compatible avec les aspirations profondes du peuple nigérien. »
Dans un geste empreint de gravité, il a annoncé que les célébrations du deuxième anniversaire du CNSP se résumeront à des lectures du Coran et à des prières. « L’heure n’est pas aux réjouissances, mais au recueillement et à la persévérance », a-t-il conclu, appelant les Nigériens à rester unis autour des chantiers de transformation en cours, aussi bien au Niger qu’au sein de la Confédération des États du Sahel. Un message qui se veut à la fois un avertissement et une promesse : celle d’un Niger debout, maître de son destin, malgré les vents contraires.
Lejourpile
