Au Nigeria, l’armée est secouée par une nouvelle affaire de complot présumé. Seize officiers supérieurs ont été arrêtés et placés en détention pour avoir, selon les services de renseignement, préparé un coup d’État contre le président Bola Ahmed Tinubu. L’opération aurait été programmée pour le 1er octobre, jour symbolique du 65e anniversaire de l’indépendance du pays.
L’information, révélée par SaharaReporters et confirmée par plusieurs sources sécuritaires, fait état d’une vaste opération coordonnée par la Direction du renseignement de la défense (DIA) et d’autres services. Les officiers arrêtés, dont les grades s’étendent du capitaine au général de brigade, sont accusés d’avoir tenu des réunions secrètes pour instaurer un gouvernement militaire.
Dans un premier temps, l’état-major a évoqué une simple « procédure disciplinaire », évoquant des cas d’indiscipline et des manquements aux règlements. Mais selon un haut responsable du renseignement, cette communication viserait surtout à éviter la panique : « Les seize officiers planifiaient un coup d’État. La hiérarchie a choisi de communiquer de manière prudente pour ne pas alarmer l’opinion », confie-t-il sous anonymat.
Le général Tukur Gusau, porte-parole de la Défense, a confirmé leur suspension, tout en précisant que certains d’entre eux se plaignaient de blocages de carrière et d’échecs répétés aux examens de promotion. Les services de renseignement auraient intercepté des communications compromettantes et découvert des plans logistiques détaillés prévoyant une attaque du cortège présidentiel lors du défilé national.
Cette menace expliquerait l’annulation, à la dernière minute, de la cérémonie officielle du 1er octobre, sur recommandation du Conseil national de sécurité.
Ce nouvel épisode ravive le souvenir des années de putschs militaires qui ont marqué l’histoire du Nigeria. Le pays, première puissance économique d’Afrique, a connu cinq coups d’État depuis 1960. Dans un contexte de crise économique et sociale, cette affaire traduit le climat de tension qui règne jusque dans les rangs de l’armée.
La présidence, pour l’heure, garde le silence, tandis que les observateurs redoutent une fragilisation supplémentaire d’une institution militaire déjà engagée sur plusieurs fronts.
LJP

