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À moins de 48 heures des élections générales prévues le 15 janvier 2026, les autorités en Ouganda ont décidé de restreindre drastiquement l’accès aux services numériques. La Uganda Communications Commission (UCC) a ordonné la suspension temporaire de l’accès public à Internet et de plusieurs services mobiles à compter de ce mardi à 18 heures locales, invoquant des impératifs de sécurité liés au contexte électoral.
Dans une directive relayée par les médias locaux, le régulateur des télécommunications précise que la mesure concerne l’accès public à Internet, la vente et l’enregistrement des cartes SIM ainsi que le roaming sortant de données. L’UCC indique avoir agi sur la base d’une « forte recommandation du Comité inter-agences de sécurité », selon les propos de son directeur exécutif, Nyombi Thembo.
La suspension vise l’ensemble du trafic Internet public, incluant les réseaux sociaux, la navigation web, les services de messagerie, les courriels personnels et le streaming vidéo. Elle s’applique à toutes les formes de connectivité, notamment l’Internet mobile, la fibre optique, les accès sans fil fixes, les liaisons micro-ondes et les services Internet par satellite.
Selon le régulateur, cette décision vise à « atténuer la propagation rapide de la désinformation, de la mésinformation et des risques de fraude électorale », ainsi qu’à prévenir toute incitation à la violence susceptible de porter atteinte à la confiance du public et à la sécurité nationale durant la période électorale.
Des exemptions ont toutefois été prévues pour les services jugés essentiels. Les systèmes de santé des hôpitaux nationaux de référence, les réseaux bancaires centraux, les plateformes interbancaires de paiement et de compensation, les distributeurs automatiques de billets, ainsi que les systèmes gouvernementaux critiques resteront opérationnels. Sont également exemptés les dispositifs de vérification des électeurs de la Commission électorale, les plateformes de gestion des services publics et les réseaux de contrôle du transport et de l’aviation.
Les outils techniques de supervision des réseaux, tels que les centres d’opérations réseau et les systèmes de surveillance de la bande passante, demeureront accessibles, mais uniquement au personnel autorisé et via des mécanismes de sécurité strictement encadrés. L’UCC a en outre exigé la désactivation des services VPN mobiles et mis en garde contre toute tentative de contournement des restrictions.
Les opérateurs de télécommunications et fournisseurs d’accès à Internet sont tenus de transmettre des registres détaillés des systèmes autorisés, de maintenir des journaux d’audit rigoureux et de signaler tout incident technique dans un délai maximal de 30 minutes. Le régulateur a averti que tout manquement exposerait les opérateurs à de lourdes sanctions, allant jusqu’à des amendes et une possible suspension de licence.
Cette décision intervient à l’approche d’un scrutin majeur au cours duquel les Ougandais devront élire le président de la République et les membres du Parlement. Huit candidats sont en lice pour la présidentielle, dont le chef de l’État sortant Yoweri Museveni, du Mouvement de résistance nationale (NRM), et son principal adversaire, Robert Kyagulanyi Ssentamu, leader de la Plateforme de l’unité nationale (NUP).
Les bureaux de vote doivent ouvrir de 7 heures à 16 heures locales, avec environ 21,6 millions d’électeurs inscrits attendus. Le scrutin se déroule dans un climat marqué par des inquiétudes persistantes autour de l’usage des plateformes numériques dans la diffusion de fausses informations lors des processus électoraux.
Ljp
