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Partenariat minier Côte d’Ivoire – Botswana : un accord en préparation pour structurer la transformation du secteur extractif

ByÉquipe LeJourPile

Fév 20, 2026

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La Côte d’Ivoire et le Botswana franchissent une nouvelle étape dans leur coopération bilatérale. En mission officielle à Gaborone le 18 février, le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a engagé des discussions en vue de la signature prochaine d’un protocole d’accord stratégique destiné à moderniser et professionnaliser le secteur minier ivoirien.

La rencontre avec le vice-président du Botswana, Ndaba Gaolathe, marque le point de départ d’un partenariat structurant entre les deux pays. L’objectif est clair : s’inspirer du modèle botswanais pour faire du secteur extractif le deuxième pilier de l’économie ivoirienne, conformément à la vision du président Alassane Ouattara.

Le Botswana est souvent cité comme une référence en matière de gestion des ressources naturelles. Grâce à une gouvernance rigoureuse, une forte transparence dans l’exploitation minière et une stratégie de valorisation locale des ressources, le pays a réussi à transformer ses richesses, notamment diamantifères, en levier de développement durable. Ce modèle suscite aujourd’hui l’intérêt d’Abidjan, qui entend adapter ces bonnes pratiques à son propre contexte.

Au cœur des échanges figure la préparation d’un protocole d’accord bilatéral. Celui-ci devrait encadrer la coopération institutionnelle, les échanges d’expertise et la mise en place de mécanismes techniques de modernisation du secteur minier ivoirien.

Reçu également par la ministre botswanaise des Mines, Bogolo Joy Kenewendo, le ministre ivoirien Mamadou Sangafowa-Coulibaly a travaillé à l’identification des axes prioritaires de cette future collaboration. Plusieurs chantiers structurants ont été évoqués :

  • le renforcement de la gouvernance et de la transparence dans l’attribution des titres miniers ;

  • l’amélioration des systèmes de traçabilité des ressources ;

  • le transfert de compétences et la formation technique des cadres ivoiriens ;

  • le développement du contenu local et l’intégration d’une chaîne de valeur complète.

Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu dépasse la simple exploitation des ressources. Il s’agit de construire une industrie minière compétitive, créatrice d’emplois qualifiés et génératrice de valeur ajoutée sur le territoire national. « Nous devons bâtir une chaîne de valeur intégrée afin que la richesse produite profite pleinement à notre économie », a souligné Mamadou Sangafowa-Coulibaly au terme des échanges.

L’ouverture imminente de négociations techniques doit permettre de formaliser rapidement cet accord. Une fois signé, le protocole établira un cadre précis de coopération, incluant des programmes de formation, des échanges institutionnels réguliers et un accompagnement technique du Botswana dans la mise en œuvre de réformes structurelles en Côte d’Ivoire.

Au-delà de l’aspect technique, cette initiative traduit une volonté politique forte de renforcer la coopération Sud-Sud. Le vice-président Ndaba Gaolathe a d’ailleurs insisté sur l’importance pour les pays africains de mutualiser leurs expériences et de bâtir des partenariats stratégiques pour accélérer leur développement.

Symbole concret de ce rapprochement, le Botswana a été désigné pays à l’honneur du prochain Salon international des ressources extractives et énergétiques (SIREXE), prévu en novembre 2026 à Abidjan. Ce choix confirme l’engagement des deux États à approfondir leur collaboration.

À travers ce partenariat, la Côte d’Ivoire ambitionne de se positionner comme un hub minier régional, en adoptant des standards internationaux élevés et en renforçant la crédibilité de son environnement des affaires.

L’accord en préparation pourrait ainsi constituer un tournant majeur pour le secteur extractif ivoirien, en ancrant durablement sa transformation dans une coopération africaine stratégique et pragmatique.

Ljp
Équipe LeJourPile