La maison PDCI-RDA tremble de l’intérieur. Les masques tombent, et les silences d’hier laissent place à une confrontation directe. En ligne de mire : la démission fracassante de Maurice Kakou Guikahué et les critiques acerbes de Soumaïla Bredoumy, porte-parole du parti. Un échange virulent qui trahit une crise bien plus profonde qu’un simple différend d’opinion.
Dans une sortie qui sonne comme un réquisitoire, Bredoumy accuse son ancien camarade d’avoir déserté au mauvais moment. « On ne quitte pas le navire en pleine tempête », a-t-il lancé, suggérant que Guikahué a trahi le parti au moment où il avait le plus besoin d’unité. L’attaque est frontale, la charge lourde. Et elle ne s’embarrasse pas de nuance : quitter le président Thiam aujourd’hui serait aussi répréhensible que de ne pas avoir dénoncé l’Appel de Daoukro en 2014.
Mais Maurice Kakou Guikahué ne se laisse pas clouer au pilori. Dans une réplique posée mais tranchante, il remet les pendules à l’heure : sa démission n’est pas un reniement, mais un acte de fidélité à l’héritage du PDCI. Il accuse : le 9ᵉ Congrès Extraordinaire, tenu sans président ni bureau, viole l’article 39 du règlement intérieur. Pour lui, il ne s’agit pas d’un caprice, mais d’une alerte face à une dérive autoritaire. « Je ne peux cautionner des méthodes qui piétinent nos règles internes », déclare-t-il.
Cette passe d’armes illustre l’impasse d’un parti qui se cherche, à la veille d’une échéance électorale capitale. Le PDCI-RDA est-il encore capable de faire vivre la démocratie interne ? Ou assiste-t-on à la prise de pouvoir d’un camp qui impose sa vision, au mépris du débat et du respect des textes ?
La fracture est béante. Et si la réconciliation n’est pas sincèrement engagée, elle pourrait bien précipiter le plus vieux parti de Côte d’Ivoire dans une guerre de succession qui ne dit pas son nom.
Loba Perez

