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Le porte-parole du PDCI-RDA, Soumaïla Brédoumy, a défendu mardi 6 octobre la coopération entre son parti et le PPA-CI de Laurent Gbagbo. Il a également révélé que son premier poste de nomination avait été signé par l’ancien président de la République.Sans nier les différences politiques entre les deux formations, il estime que des combats communs peuvent justifier des actions concertées.
Les divergences politiques n’empêchent pas nécessairement les convergences ponctuelles. C’est, en substance, la ligne défendue par Soumaïla Brédoumy, porte-parole du PDCI-RDA, lors d’une conférence de presse tenue mardi 6 octobre 2026 à Abidjan.
Interrogé sur les relations entre le PDCI-RDA et le PPA-CI de Laurent Gbagbo, le responsable du parti dirigé par Tidjane Thiam a rappelé que les deux formations peuvent défendre des positions communes sur certains dossiers, sans pour autant partager la même ligne politique.
« Le PDCI-RDA n’est l’ennemi de personne et reste l’ami de tout le monde », a-t-il déclaré, en faisant référence à l’héritage politique d’Houphouët-Boigny.
Des combats communs malgré les différences
Pour Brédoumy, la coopération avec le PPA-CI répond avant tout à des préoccupations communes. Il a notamment évoqué les démarches entreprises autour de l’élection présidentielle de 2025, avec la volonté affichée de défendre un espace politique ouvert et des élections « justes, transparentes et équitables ».
Cette coopération ne signifie toutefois pas une fusion des positions. Le porte-parole du PDCI-RDA l’a clairement rappelé : chaque formation conserve ses propres choix et sa propre stratégie.
Cette approche intervient alors que les relations entre les deux partis ont connu des périodes de tension, notamment autour de leurs stratégies électorales. Le PDCI-RDA avait notamment choisi de participer aux élections législatives de décembre 2025, tandis que le PPA-CI avait opté pour le boycott.
Mardi, Brédoumy a néanmoins insisté sur l’absence de conflit avec Laurent Gbagbo. « Il a un parti, il fait ses choix. Nous avons notre parti, nous faisons nos choix », a-t-il résumé.
« Mon premier poste de nomination, c’est Gbagbo qui l’a signé »
Au cours de la conférence, le porte-parole du PDCI-RDA a également évoqué son rapport personnel avec l’ancien chef de l’État.
Interrogé sur le respect dû à Laurent Gbagbo, Brédoumy a révélé que celui-ci avait signé son premier acte de nomination alors qu’il travaillait au ministère de l’Agriculture. « Moi, je peux vous apprendre que, quand j’étais à l’Agriculture, mon premier poste de nomination, c’est Gbagbo qui l’a signé. »
Selon son récit, cette nomination était intervenue dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale. Le ministre qui l’avait proposé appartenait à une autre formation politique, mais le décret avait finalement été signé par Laurent Gbagbo, alors président de la République.
Pour Brédoumy, cet épisode constitue également une raison de respecter l’ancien président, indépendamment des divergences politiques actuelles.
« Attaquons leurs actions »
Dans un contexte politique marqué par les échanges parfois vifs entre formations et militants, le porte-parole du PDCI-RDA a enfin appelé à davantage de retenue dans les débats.
Il a notamment invité les militants et les cyber-communicants à privilégier la critique des actes et des positions politiques plutôt que les attaques personnelles.
« Attaquons leurs actions », a-t-il insisté, expliquant avoir lui-même demandé aux cyber-communicants de son camp d’éviter les insultes contre les responsables politiques.
Cette prise de position s’inscrit dans une conférence de presse plus large au cours de laquelle le PDCI-RDA a également présenté ses orientations sur la réforme du cadre électoral et abordé plusieurs sujets d’actualité nationale.
Loba Perez
