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Révoqué par la direction du PPA-CI pour avoir choisi d’écouter la voix des populations plutôt que les mots d’ordre du parti, Stéphane Kipré refuse de se taire. Dans une déclaration publiée mardi, il réaffirme avec force sa loyauté indéfectible envers Laurent Gbagbo, tout en assumant pleinement sa candidature indépendante à Gboguhé et Zaïbo.
« J’ai appris ce matin ma révocation. Je remercie le Président Laurent Gbagbo pour la confiance qu’il m’a accordée jusqu’à ce jour », écrit-il. Une révocation qui, selon lui, ne change rien à l’essentiel : rester militant, rester disponible, rester fidèle à celui qu’il appelle toujours son leader politique.
Mais Stéphane Kipré ne renie pas son choix. Il le revendique.
Face aux critiques internes parfois virulentes, il rappelle que sa décision est née d’un appel clair, direct, sans ambiguïté : celui des populations de Gboguhé et Zaïbo, qui refusent d’être représentées par des figures parachutées, éloignées de leurs réalités.
« Leur appel n’est pas politique », insiste-t-il. « Il vient de celles et ceux avec qui nous avons construit des projets concrets, des actions réelles, des améliorations tangibles dans leur quotidien. »
Pour lui, ignorer ces voix serait trahir des communautés qui veulent être représentées par quelqu’un qui leur ressemble et qui comprend leurs besoins.
Ce n’est pas la première fois que Kipré se retrouve dans cette situation. En 2023 déjà, il avait accepté de renoncer à la demande du parti, provoquant l’incompréhension sur le terrain et, finalement, la défaite du PPA-CI dans le Haut-Sassandra. « Aujourd’hui, ce sont ces mêmes populations qui me rappellent. Je ne pouvais pas les abandonner une seconde fois », martèle-t-il.
Malgré sa candidature indépendante, il reste clair : en aucun cas sa démarche n’est un acte de rupture avec Laurent Gbagbo. « Ma loyauté n’est pas en question », affirme-t-il, appelant à la responsabilité et au calme dans ces moments décisifs pour le parti comme pour les populations.
La vague de révocations – plus d’une vingtaine de cadres écartés le 19 novembre 2025 – illustre l’un des épisodes disciplinaires les plus sévères depuis la création du PPA-CI. Elle survient alors que le parti maintient son boycott des législatives de décembre, invoquant les risques sécuritaires et les violences politiques persistantes.
Dans ce climat tendu, la prise de position de Stéphane Kipré sonne comme un acte de résistance : celui d’un cadre qui choisit de répondre à l’appel du terrain plutôt qu’à la fermeture stratégique, et qui mise sur les populations avant tout.
Ljp
