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Le premier sommet des chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), tenu ce mardi 23 décembre 2025 à Bamako, a été marqué par une intervention forte et alarmante du président du Burkina Faso. Devant ses homologues et les délégations présentes, le chef de l’État burkinabè a dressé un tableau sombre des menaces qui pèsent sur l’Afrique de l’Ouest, évoquant l’imminence d’un « hiver noir » si les peuples de la région ne prennent pas conscience des dangers.
Dans un discours au ton grave, le président a dénoncé les stratégies qu’il attribue aux puissances impérialistes, accusées de vouloir semer le chaos dans la sous-région en exploitant les divisions internes. Selon lui, la manipulation des opinions publiques, l’attisement des haines communautaires et l’instrumentalisation de certains médias constituent des leviers utilisés pour fragiliser les États et maintenir les peuples dans une dépendance durable.
Il a averti que l’absence de lucidité et de réaction collective pourrait conduire à des violences fratricides aux conséquences humaines désastreuses, pendant que des intérêts extérieurs continueraient d’imposer leurs choix et de capter les ressources du continent. Face à cette menace, le président burkinabè a estimé que les peuples du Sahel se trouveraient confrontés à une alternative historique : s’unir définitivement pour préserver leur souveraineté ou accepter une domination qu’il assimile à une nouvelle forme d’asservissement.
La métaphore de « l’hiver noir » a ainsi servi de fil conducteur à son propos. Elle symbolise, selon lui, une période de grandes épreuves que seule l’unité des populations permettra de traverser. Il a appelé à un réveil des consciences, invitant les Africains à cesser de nourrir la haine entre eux et à refuser toute manipulation visant à les opposer.
Le chef de l’État burkinabè a également dénoncé l’attitude de certains dirigeants et acteurs d’opinion qu’il accuse de se retrancher derrière des médias pour décourager les peuples et propager des discours de division. Il a insisté sur la responsabilité collective des élites politiques, médiatiques et intellectuelles dans la préservation de la cohésion sociale.
Malgré la sévérité de son diagnostic, le président du Burkina Faso s’est voulu porteur d’un message d’espoir. Il a affirmé que l’AES, bien qu’encore en construction, progresse avec détermination vers la consolidation de ses institutions et le renforcement de sa souveraineté. Saluant la résilience des populations du Sahel, il a exprimé sa confiance dans leur capacité à surmonter les difficultés sécuritaires, économiques et politiques.
Appelant au calme et à la discipline, il a exhorté les citoyens à privilégier la retenue face aux provocations et à répondre par la conscience et l’engagement plutôt que par la violence. Pour lui, aucune manœuvre ne saurait aujourd’hui briser l’unité des peuples de l’AES.
En clôturant son intervention, le président burkinabè a réaffirmé sa conviction que la Confédération des États du Sahel sortira renforcée des épreuves à venir, vaincra le terrorisme et s’imposera comme un acteur crédible et souverain sur la scène internationale. Un discours qui a donné une dimension idéologique forte à ce premier sommet et tracé les contours d’une alliance résolue à affronter, unie, les défis de l’avenir.
Loba Christo
